Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 15:11

La coupe du roi de Thulé


Die Augen thäten ihm sinken ,
Trank keinen Tropfen mehr.
(Goethe.)

Au vieux roi de Thulé sa maîtresse fidèle
Avait fait en mourant don d’une coupe d’or,
Unique souvenir qu’elle lui laissait d’elle,
Cher et dernier trésor.

Dans ce vase, présent d’une main adorée,
Le pauvre amant dès lors but à chaque festin.
La liqueur en passant par la coupe sacrée
Prenait un goût divin.

Et quand il y portait une lèvre attendrie,
Débordant de son cœur et voilant son regard,
Une larme humectait la paupière flétrie
Du noble et doux vieillard.

Il donna tous ses biens, sentant sa fin prochaine,
Hormis toi, gage aimé de ses amours éteints ;
Mais il n’attendit point que la Mort inhumaine
T’arrachât de ses mains.

Comme pour emporter une dernière ivresse.
Il te vida d’un trait, étouffant ses sanglots,
Puis, de son bras tremblant surmontant la faiblesse»
Te lança dans les flots.

D’un regard déjà trouble il te vit sous les ondes
T’enfoncer lentement pour ne plus remonter :
C’était tout le passé que dans les eaux profondes
Il venait de jeter.

Et son cœur, abîmé dans ses regrets suprêmes,
Subit sans la sentir l’atteinte du trépas.
En sa douleur ses yeux qui s’étaient clos d’eux-mêmes
Ne se rouvrirent pas.

Coupe des souvenirs, qu’une liqueur brûlante
Sous notre lèvre avide emplissait jusqu’au bord,
Qu’en nos derniers banquets d’une main défaillante
Nous soulevons encor,

Vase qui conservais la saveur immortelle
De tout ce qui nous fit rêver, souffrir, aimer.
L’œil qui t’a vu plonger sous la vague éternelle
N’a plus qu’à se fermer.

Louise Ackermann, Contes et poésies (1863)

 

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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 19:34

Je vais te dire, ce qui me fout le plus les boules, ces jours-ci, ce n'est pas d'être seul, ce n'est pas de me retrouver x années en arrière, mais avec x années de plus quand même, fauché, seul, n'arrivant pas tous les jours à remplir mes journées, sauf à me lobotomiser devant des jeux vidéo sur FB. Ce qui me met en rogne, ce n'est pas les doutes qui sont revenus, les peurs de rester seul, de finir seul, de crever seul, cette gambergite qui surgit nécessairement de temps en temps et qui te pourrit une belle journée. Non, ce n'est même pas ça. Pas plus que la rancoeur ou une quelconque idée de vengeance, ce n'est pas le genre de la maison. 

Pas même - pas même ça ! - l'incroyable gigantisme de l'échec, le sentiment de s'être bien fait avoir, le gouffre qu'ouvre le fait de s'être fait jeté comme si de rien n'était, sans motif, sans même une phrase claire, qui prouverait qu'il y a au moins une décision murie, étayée, assumée. Même pas. Moi, je n'ai eu droit qu'à une phrase alambiquée sur un texto. Et encore, parce que j'ai insisté pour savoir, au bout de x mois à me faire trimballer... La classe quand même ! Ce n'est même pas ça qui me donne la nausée. Pas non plus le fait que ça fait deux fois à six ans d'intervalle, surtout que cette fois, j'avais mis le paquet pour que ça marche : prise de risque maximale, professionnelle, et financière aussi ! Trois ans à donner en échange... en échange de quoi d'ailleurs ? De ça. Un texto pour confirmer que la vie, c'est devenu plus sympa sans toi qu'avec et que donc, ça continue sans toi.

Non, la vraie vérité, ce qui me fait vraiment chier, c'est que, pendant que je gamberge avec ma fracture, mes peurs, ma solitude dévorante, elle, l'impression qu'elle donne, c'est que tout va bien. Elle papillonne. Elle sort avec ses supers copines, elle va à Paris, après Rome, elle va voir des tournois de tennis, cool la vie ! Moi, je n'ai même pas les moyens d'un billet de train pour Paname en ce moment... Elle se porte bien, elle a même écrit sur FB il y a peu (36 heures après les obsèques de Papa, bonjour la délicatesse) qu'elle venait de vivre (op. cit.) "six mois de pur bonheur" ! Tu m'étonnes, c'est là qu'elle m'a largué, sans motif, juste comme ça, par convenance personnelle, c'est trop de la balle comme semestre ! Et peu importe le deal initial. Et peu importe les promesses de mariage trois fois réitérées, et encore l'été dernier ! Et pourquoi qu'elle se sentirait tenue par de tels engagements ?! C'est la génération "y" maintenant, des histoires à 3 branches : ma vie, mon cul, ma gueule ! Et les autres, ben, si ça le fait, si ça aide, si c'est (op. cit. encore) "compatible", alors tant mieux. Et seulement tant que ça le fait, que ça aide, que c'est "compatible". Pas de raison de dévier d'un iota de sa trajectoire, d'accepter le moindre compromis, pas question de déroger à sa feuille de route personnelle ! Et puis quoi, j'étais pas obligée de quitter Agen et mon entreprise pour venir à Paris pendant 2 ans, personne ne m'a contraint à payer 50% plus cher un appart deux fois plus petit que celui que j'avais avant, mal isolé et pas insonorisé ! Personne ne m'a obligé à assumer des déplacements réguliers entre Paris et le Sud-ouest pour le boulot, en TGV, le train le moins cher de France c'est bien connu ! Personne ne m'a obligé à travailler pendant 2 ans sur une petite table sise au bout du lit, avec un mal de dos de merde qui cisaillait tous les matins. Personne, non personne c'est vrai. Non, je l'ai fait parce que, justement, sans tout ça, notre histoire ne pouvait pas exister. Je l'ai fait parce que, au bout de ces années d'efforts, il y avait une promesse, celle d'un avenir radieux, d'un avenir à deux. Et tant qu'on y est, ne soyons pas faux-cul, y'a bien quelqu'une qui a trouvé confortable, pratique, "compatible" de pouvoir préparer son ECN en étant à Paris intra-muros et non de l'autre côté, dépendante des trains à Saint-Lazare ou des trams Porte de Versailles. Bien contente d'être nourrie, logée, blanchie, soutenue aussi pendant tout ce temps... Et là, elle m'a juste zappé. Sans raison objective, sinon qu'elle préfère continuer sans moi. Et ça a l'air normal. Ce qui me fracasse le plus en fait, c'est qu'elle ait l'air de trouver ça normal, comme une issue finalement assez commune et sans gravité. Alors que c'est pour le moins moralement contestable et humainement dégueulasse ! Et je ne suis pas sûr qu'il se sera trouvé quelqu'un pour le lui faire remarquer... Enfin si, j'espère. Pour qu'au moins elle apprenne quelque chose. Et qu'elle n'en foute en l'air pas trop d'autres.

Voilà ce qui me fait chier ces jours-ci. Le reste, les vrais problèmes, les vraies questions, les vraies affres, ils viendront. Après. Pour l'heure, j'ai ça dedans, c'est enduit d'amertume, emballé dans un sentiment d'injustice et ficelé dans un ruban qui déteint sur les mains, le souvenir de la violence ressentie tous ces derniers mois depuis janvier. J'espère que, maintenant que c'est dehors, ce ne sera plus dedans, et que je pourrai passer à autre chose. Enfin essayer...

Juste un mot encore : d'aucun trouveront peut-être ce papier trash et la première intéressée en sera peut-être même blessée. Tant pis, c'est comme ça, je ne vais pas me mettre à tricher sur ce blog sous prétexte qu'elle est susceptible de le lire, elle ou des membres de sa famille.
 

Maintenant, pour finir, aussi pour ne pas rester sur la colère, je saisis la parole du poète : "Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte" (Albert Cohen). La mienne est l'endroit le plus peuplé de ma vie...

 

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 14:04

Le 23 décembre 1588 au château de Blois, les "mignons" du roi Henri III dérobèrent son Blackberry à Henri de Lorraine, qui en mourut. Ce fut l'assassinat du duc de Guike.

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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 17:44

Après "La bedaine contre-attaque", voici "Le retour du jeune homme" !

Et voici mon chasseur interstellaire à moi : un VCub !

VCub

 

Je t'explique : les VCub, ce sont nos vélibs à nous, ici à Bordeaux (CUB = Communauté Urbaine de Bordeaux). Et donc, après n'avoir circulé qu'avec ça tout hier, aujourd'hui, la Force étant avec moi, j'ai carrément pris un abonnement à l'année !

- Non, Dark Virenque, je ne serai jamais de ton côté !
- Raoul, tu ignores le pouvoir du VCub. rejoins-moi et ensemble nous contrôlerons ta surchage pondérale !
- Jamais je ne serai votre allié ! Je préfère le tram ! Et puis, le vélo c'est trop dûr, c'est pas pépère !
- Raoul, je suis ton père !

Et donc, tu pourras me voir maintenant, chevauchant ce gracieux engin, sur les quais le long de la garonne, ou dans les rues de la ville. Eheheh !

C'est tout pour aujourd'hui ! (ben oui, j'ai vélo maintenant !)

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 21:41

Bien sur, tu connais Gilbert Bécaud, "Mister 10 000 volts", l'homme de "l'embêtant, c'est la rose", de "Et maintenant", etc. ! L'homme aux 30 ans de carrière, le locataire privilégié de l'Olympia, celui qui suivait Nathalie sur la Place Rouge... Ah, Bécaud... Et bien sûr, si tu ne sais qu'UNE seule chose sur lui, c'est qu'il portait un cravate bleu marine à pois blancs.

becaud

Dans la mémoire collective, c'est ça qui reste. La cravate bleu marine à pois blancs.

 

Et bien moi, je te le dis ce soir, après une étude poussée de la question (en mode Raoul n'a rien à foutre de son temps libre),je peux l'affirmer : Bécaud est omniprésent dans notre société. Oui, encore aujourd'hui, il est partout avec nous, tout le temps. Nous sommes ses héritiers consentants. Oui oui, si, si ! Ne rigole pas bêtement : tu vas voir que j'ai raison ! 

Si je te dis ça, c'est parce que, de nos jours, ce motif de pois blancs sur fond marine est partout présent. Et je le prouve :

 

Des pois blancs sur fond bleu marine sur nos bobs (enfin les vôtres, mesdames) et vos sacs pour l'été !

bob sac

Aussi sur les casques de scooter des demoiselles dans le vent ! Marrant, non ?

casque

 

Plus fort, encore, sur les cupckes ! (je sais même pas à qoi ça sert, ces trucs-là...)

cupcake

A faire des gâteaux, peut-être ?...

Nos béco-pois, on les retrouve aussi sur les béco-colerettes de Tante Yvonne :

colerette

Joli non ? ... ah non ?... Si tu le dis !

A défaut de Tata Vovonne, il y a aussi sa petite-fille, en mode maillot-de-bain béco-sexy :

maillot

Encore plus original : les ongles !

ongles

Mais le summum du summum, c'est que même Dame Nature est Béco-phile : elle a repeint jusqu'à des poissons !

poisson

Hallucinant nan ? (enfin très sûrement si tu le bouffes, celui-là !)

Alors, c'est pas une démonstration par A+B, ça ? Tu me crois maintenant ? Nan mais ?... Lecteur de peu de foi !
Les faits sont là : Bécaud inspire notre monde, il influe profondément et durablement sur nos modes de vie, notre culture, nos représentations du monde et même la première de couverture du catalogue "envie d'été 2012" que La Redoute m'envoie, desfois que je chercherais un petit bikini pour l'été... (ben oui, y'a à peine 2 pages pour les mecs contre 50 pour des filles toutes plus belles les unes que les autres, en maillot ou piti-short, et en plus, celles-là, elles ressemblent à des vraies femmes : elles ont des formes !!!)

Bon, ben, voilà ma contribution à la compréhension du monde pour ce soir. A ciao bello ! A ciaa bella !

 

PS : Tu noteras l'importance de ce papier pour l'avancement de la civilisation. En même temps, si j'ai pas envie d'être sérieux...

PS2 : Quand j'ai cherché, le poisson j'y croyais pas. La colerette de Tata Vovonne encore moins !

PS3 : si quelqu'un a le 06 de la brune de la Redoute... ben... Euh... je connais un ami à moi de mes connaissances qui serait preneur. Envoie-le, je lui transmetrai ! (...) (...) (sifflement désinvolte) (...)

PS pour 4. : ça va là-haut ? pas trop inondée par les intempéries ?

PS5 : euh... non, rien ! Merci d'être venu(e) jusqu'ici, rentre bien !

 

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