(Le monde de Tonton Raoul)
Toutes les bonnes choses ont une fin, paraît-il. Dans le cas d’une bouteille de Saint-Estèphe, je le confirme, hélas ! En revanche, ce qui semble sans fin, c’est cette crise interminable, cet enchaînement de restrictions budgétaires, certes sans doute nécessaires mais terriblement asphyxiante pour les petites entreprises, surtout celle dépendantes de la commande publique !
Et là, tu te dis : "oh non, encore un papier sur la complainte du pov’ chef d’entreprise qui n’en peut plus de payer ses charges sociales !" Pour être franc, tu n’as pas tort. Mais rassure-toi, celui-ci risque bien d’être un des derniers du genre…
Oui, toutes les bonnes choses ont une fin, paraît-il. Les petites entreprises aussi. La naissance et la mort des PME font partie de la vie économique, bien sûr, je l’ai toujours pensé, fidèle en cela aux enseignements de mon bon vieux Joseph Schumpeter (je t’ai déjà parlé de Joseph Schumpeter ? Oui, si ! Rappelle-toi !). Pour autant, quand c’est la tienne qui arrive au bout du rouleau, à deux mois de la cessation de paiements, et que tu te vois du jour au lendemain sans revenus, ayant perdu le peu d’argent que tu n’aies jamais eu et que tu avais utilisé pour capitaliser ta boîte, avec un paquet de dettes incommensurables sur les épaules (ben oui, ta société elle avait un crédit bancaire en cours qu’il va falloir rembourser !), et bé, sans être mélenchonniste, tu trouves ça un brin amer, pour ne pas dire injuste.
Et en même temps, où que tu regardes, tu sens bien que c’est en partie ta faute. Ton éloignement pendant plus de 2 ans, ce fut un frein à l’activité, à la capacité de l’entreprise à bien anticiper les événements et à renouveler son offre et ses méthodes, c’est certain ! Bien sûr, les deux trois loupés commerciaux parce que tu t’es montré beaucoup trop rigide lors de la négociation, c’est ta pomme ! (Bon, pas la fois où la concurrente avait – paraît-il – son papy dans le jury d’attribution du marché… Là, t’y peux rien…). Ta motivation qui s’est érodé, au fil des mois, sans que tu ne l’admettes, sans que tu n’en tires les conséquences, que tu n’en parles plus ouvertement que ça à ton associé, bien sûr que ça joue !
Cette entreprise, ce n’est pas le Titanic, c’est tout juste un frêle esquif. Et là, le frêle esquif il va se ramasser une vague géante sur la gueule et, même avec de la réussite dans les semaines qui viennent, il ne pourra pas s’en remettre, le frêle esquif. Et les deux moussaillons seront à la baille, avant d’être à la rue (au moins professionnellement).
L’angoisse, c’est que, comme la France aime ses entrepreneurs, du jour au lendemain, tu risques de te retrouver sans le moindre revenu. Tu paieras le premier loyer avec tes cadeaux de Noël, le deuxième avec ton découvert et le troisième pas du tout. Le spectre de la banqueroute est un monstre hideux et effrayant qui emporte tout, les hommes, les femmes, les âmes, tout ! Qui te laisse à poil, tremblant de peur, figé au bord d’un gouffre dans lequel, en fait, tu t’abîmes déjà…
Je n’ai pas assez dormi la nuit dernière, ça doit se sentir dans ce papier…
N’empêche, de la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas, qui peut être vite franchi.
Help !
Bon, quand j'essaye de te cultiver, je fais un bide. Quand je râle, tu te détournes. Quand je versifie, tu restes coi. De quoi faut-il donc que je te parle pour t'intéresser et continuer à t'attirer ici, qui n'est nulle part ?
Alors quoi ? Politique ? "Ce soir, à la grande surprise du peuple fatigué, le petit Nicolas a dit "oui", plus mitterrandien que jamais." Les gens de droite sont heureux et les autres s'en foutent. finalement, c'est une bonne journée : personne n'est déçu."
Bizness ? "Ce matin, Raoul a gagné un contrat en Hollandie (ex-Chiraquie) (et ouais, je fais pas de politique, moi !) (aller Bayrou !) (ah si !) et ça fait du bien par les temps qui courent." (surtout qu'on va facturer 30% d'entrée, et ça, c'est carrément jouissif ! important !)
Sport ? Samedi, sauf catastrophe nucléaire ayant pour effet de me rayer de la carte, la Blonde et moi irons à Ernest Wallon, le stade de rugby de Toulouse (son club qu'elle est fan de chez fan, une vraie hystérique dès qu'on parle du "Stade Toulousain" ! Même Servat (1m12 de haut, 1m14 de large, 114 kg de muscles, tu m'entres deux fois dans chacune de ses cuisses), elle le trouve beau à mourir !). On va y voir jouer Toulouse donc, contre Agen (mon équipe que j'ai, que je les soutiens trop, qu'ils sont trop méritants, parce qu'ils n'ont peur de personne alors qu'on a le plus petit budget du championnat, et puis c'est le S.U.A. et, crotte ! c'est pas de la merde ! C'est NOTRE équipe, NOTRE fierté, NOTRE sujet de gloserie numéro 1 le lundi matin, le mardi matin, le mercredi matin, le jeudi matin, etc., accoudés au zinc du Bar de la Préfecture, rue Lamouroux, vas-y si tu passes à Agen, c'est la meilleure place de la ville !) (tu dis à Denis que tu viens de ma part - mais tu donnes mon vrai nom, pas Raoul !)) (j'suis paumé avec toutes ces parenthèses...) (j'aurais pas dû piquer de procédé à 4. !) (avec le point, sinon elle râle !). Bref, ST-SUA (comme on dit), ça va détonner ! (même si NOUS allons prendre cher, probablement...) (n'empêche, j'irai avec le kit écharpe + bérêt aux couleurs et écusson du SUA) (j'suis pas une couille molle moi !)
Romantisme ? Une histoire trop mignonne, à l'occasion de la Saint-Valentin (fête que j'apprécie à peu près autant que le père noël...) : un beau
mec trop beau, d'environ 7-8 ans, dans la région Lorraine (mais de l'autre côté de la frontière si tu es nancéen), a reçu une super belle lettre d'amour de sa belle, chère et tendre (du même
âge), à l'occasion de la Saint-Valentin. J'ai cru comprendre que la maman était très émue, peut-être même plus que son fiston ! Elle a même pas relevé la faute d'orthogrpahe dans le prénom du
bogosse son fils, alors que, quand c'était moi qui mettait un "l" de trop, elle me reprenait ! (j'suis jaloux : elle est sensée la détester cette gamine de 7 ans qui veut lui VOLER son fils !
M'enfin ! Il est où son sang italien ? (elle a du sang italien, bien que lorraine) et même pas !)
J'en profite, chère amie, pour t'embrasser bien fort... (et vraiment, je sais plus où j'en suis avec toutes ces parenthèses...)
Littérature ? ... Non, rien...
Ecologie ? Tu as dit quoi ? E-co-lo... Eco-quoi ? Tu as entendu parler de ça récemment ? Moi pas. Tu as des gens qui parlent nucléaire (ouh ! faut
en sortir !), d'autres qui parlent nucléaire (non, on reste dedans, on n'a pas mieux !) (c'est pas faux, mais si je le dis, la maman du bogosse précité va me gueuler) (à 15 ans, elle allait
s'enchaîner au grillage des centrales pour faire chier les flics et le lobby nucléaire), d'autre enfin qui cause des abeilles et, enfin, Corine Lepage qui parle d'elle-même. Pour conclure, la
ministre du sujet, la plus écolo de toute la droite, a été achetée par le Petit : elle est porte-parole : maintenant, c'est lui qui décide c'est quoi qu'elle peut dire ! Franchement, si elle
avait su, elle aurait mieux fait de m'épouser (autrefois) ! (si j'avais fait l'X, je serais le héros de ma famille, riche, beau, cadre sup' dans une banque et j'aurais pu séduire NKM - qui aurait
été une promo au-dessus de moi) (je l'aurais bien laissé me bizuther !) (OUPS !) (je vais prendre deux fois plus cher samedi, à Ernest Wallon !!!!)
bref, tu l'as compris, plus personne ne parle d'écologie dans cette campagne (sauf Raoul, le dernier des Mohicans !) (dommage pour toi, lecteur de mon coeur !) Tu
as entendu un candidat parler de réchauffement climatique ? ... ... ... Non ? Toi là au fond ? Bridget ? ... Près du radiateur ? (Maman)... Là-bas sur la plage ? (soeurette, je veux même pas en
parler de ces mails provoquants qu'on reçoit : "on est sur la plage, on a un peu trop chaud..." !) Et toi là-bas qui a la tête en bas, mais pour qui c'est l'été (et qui en plus sait à quoi
ça ressemble Akaroa !) (je ne te serai jamais assez reconnaissant d'y être allé, vraiment, j'ai été touché quand j'ai vu ça !) (et au fait, désolé... ça n'avait pas l'air pitou pitou, comme
station balnéaire...)
PERSONNE NE PARLE D'ECOLOGIE, DE CHANGEMENT CLIMATIQUE, DES GENERATIONS FUTURES (sauf Bayrou qui, depuis 10 ans, nous explique qu'on finance notre confort par la
dette... Rapha, si tu sais lire, gueule un bon coup, réveille-toi, nous sommes devenus fous !) DE L'INEVITABLE PENURIE ENERGETIQUE, DE L'INEVITABLE RENCHERISSEMENT DE L'ENERGIE (essence, fioul,
gaz...), DE L'INEVITABLE ACCROISSEMENT DES INEGALITES ECONOMIQUES ET SOCIALES, DANS NOS PAYS ET SUR LA PLANETE ! ALORS OUI JE LE DIS : NON, PERSONNE NE PARLE D'ECOLOGIE !!! Hulot a voulu jouer la
carte d'EELV, il a eu tort : ce mouvement n'a pas tenu ses promesses. Dany a perdu son pari : faire un grand mouvement écologique ouvert - et donc moins gauchiste que les Verts. Perdu ! Tu me
diras que c'est la crise, que les sujets qui comptent ce sont l'emploi, la dette, la compétitivité, la justice fiscale, etc. Certes. J'ai professé ce qui, selon moi, fonde une société moderne et
solidaire : l'éducation, le logement, l'emploi et la santé. Mais pas au détriment des réalités ! Pas au débit de nos enfants et petits-enfants !
Confidence ? Ah, c'est bon de s'échauffer comme ça ! Je sais pour qui je voterai au premier tour. Au second aussi, sauf s'il n'y est pas... Si, par hasard, le second tour opposait François Hollande et le candidat de l'UMP (vous savez qui c'est vous ?) (moi non...) (je regarde jamais TF1 !) (eheheh !) (Capitalisme lobotomisant 0 - Raoul 1 !), je sais pas, c'est chiant ! Mon trip à moi, ce serait "un président normal" (dont le département est pourvoyeur de contrats) mais qui soit strict sur la dette, qui ne remette pas en cause la retraite à 62 ans, qui ne fasse pas rire l'Europe entière à vouloir renégocier un traité déjà signé, qui ne nomme pas son ex- comme ministre (de l'Intérieur, paraît-il), bref, un troisième homme quoi ! (je suis pas contre des contrats dans les Pyrénées-Atlantiques, remarque...)
Sexe ? Cilou, va te coucher ! (Maman aussi, ça vaut mieux pour mon matricule...) Non, j'déconne ! No sex sur ce blog, c'est familial ! (Cécile, tu peux rester) (après tout, c'est la dernière année avant longtemps que t'auras le temps de lire ce que j'écris, alors...) (OUPS !)
Horloge parlante ? "Au quatrième TOP, il sera 21 heures 39... TOP... TOP... TOP... TOP...
(le blog le plus informatif de tout Internet !)
Aller, sur la télé, ça parle de "piège à belette" en Nouvelle-Zélande. je vais aller suivre, desfois que ça puisse servir au neveu... !!! (hihihihihihi!!!!!!!)
A ciao Bello ! O ciaa Bella !
Aujourd'hui Raoul chausse ses lunettes de presbytes (qu'il n'est pas) et disserte sur un sujet fon-da-men-tal : comment sont morts nos rois de France ?
Ahlala ! Enfin, tu en rêvais, Raoul le fait ! Et tu as raison de t'extasier devant toutes ces informations passionnantes que tu vas découvrir maintenant, grâce à moi, Tonton Raoul, le plus grand connaisseur des choses inutiles !
Alors, le sujet, c'est comment sont morts nos rois ? Je pourrais commencer par Clovis (mort de vieillesse à Paris en 511) et les passer en revue un
par un jusqu'au dernier, Louis-Philippe (mort de ses vieux jours en exil en Angleterre). L'avantage serait que tu disposes d'une information complète et CHRONOLOGIQUE. Mais si le
petit Nicolas passe en mai, la chronologie sera supprimée des programmes scolaires d'histoire et je passerais pour un gros nul, qui n'a rien compris au sens de l'histoire, etc.
En même temps, si c'est Hollande... penses-tu, craignant de me voir expédier au goulag de la pensée par la nouvelle majorité Hollando-Duflo-Mélenshowniste. Je te
rassure : aucun risque, la gauche en France ne sait même pas c'est quoi un roi, ils croient encore que la France a surgi soudainement et par enchantement à la surface du globe le 14 juillet 1789,
comme ça, POUF ! Et leur seul royalisme fut un désir d'avenir passé...
Alors non, pour rendre ce papiper plus didactique et intéressant (et ainsi tenter de faire passer de zéro à quelques-uns le nombre d'entre toi qui le lira jusqu'au bout), je vais fonctionner par thème : c'est-à-dire, par types de mort.
Alors, d'abord, il y a les morts célèbres de nos rois, à commencer par celle - très singulière dans notre histoire
- de Louis XVI. Tout le monde sait que Louis XVI a été guillotiné à Paris le 21 janvier 1793, après avoir été condamné par la Convention, c'est-à-dire par le
Parlement de la République. C'est le seul de nos rois victime de la peine de mort en France. Le plus cynique est que la voix qui a fait la décision de la Convention fut celle de son propre cousin
le duc d'Orléans, connu sous le nom de scène de Philippe-Egalité... Et dont le fils fut plus tard notre roi Louis-Philippe !
Autre royal décès célèbre, celui de Saint-Louis, mort de la peste devant Tunis. D'ailleurs, nombreux de ses proches tombèrent à leur tour malades
pendant le voyage de retour : les croisades de Saint-Louis ont décimé sa propre famille : son frère Robert d'Artois mourut à la Mansourah en 1250, l'autre frère Alphonse en
Italie en 1271, plus quelques cousins !
Enfin, dans ce registre morts célèbres, il y a bien sûr l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac en 1610, rue de la Ferronerie à Paris. Jour funeste
où la politique active de repeuplement du pays s'interrompit...
J'en profite pour glisser vers le second groupe (et tu comprendras que l'approche par thématique chère à notre ministre Châtel (pour lequel j'ai une pensée sincèrement émue) fait que des éléments se recoupent et que donc, c'est un gros bordel) : les morts par assassinat. Nos rois de France ont globalement été assez épargnés de ce point de vue-là. On est loin des moeurs russes ou italiennes de certaines époques, où l'on s'empoisonnaient à tout va au sein des fratries pour ne pas partager le pouvoir ! Henri IV est le seul dont on soit sûr qu'il a été assassiné ! Certains voudraient croire que le petit Jean I° le Posthume, mort à 5 jours en novembre 1316 a été assassiné. Et Maurice Druon le met en scène dans ses fameux Rois Maudits : ce serait la vilaine Mahaut d'Artois qui aurait fait le coup pour permettre à son gendre (et donc à sa fille à elle) de monter sur le trône. Bien sûr, il y a aussi des Mérovingiens qui ont dû manger des plats bizarrement assaisonnés : après Dagobert (celui de la chanson, mort de vieillesse en 639, vieillesse toute relative (la quarantaine) mais qu'il faut replacer dans le contexte de l'époque), aucun Mérovingien n'a atteint l'âge de 30 ans !
Autre mort singulière et pourtant rare chez nos monarques : les armes à la main sur le champ de bataille ! Cette mort héroïque, un seul de nos rois peut s'en vanter : il s'agit de Robert I°, le grand-père d'Hugues Capet, mort du côté de Soissons au cours d'une bataille. Bon, OK, c'était une guerre civile entre les tenants de Robert et ceux de Charles le Simple, l'ex-roi caroliongien, qui avait été déposé et qui attendait captif dans une tour de Laon que la cousine de Shrek vienne le délivrer. Pour dire vrai, très vite, les rois de France ont arrêté de faire la guerre eux-mêmes et ils ont laissé le commandement des armées à leurs frères et cousins. D'une certaine façon, les capétiens ont inventé le fordisme (le partage scientifique des tâches) et la théorie de Ricardo (les avantages comparatifs) avant l'heure : un frère pour régner, un pour la guerre, un pour épouser une héritière et éventuellement un en réserve, desfois que.
Alors, nos rois, comment sont-ils morts ? Pour les plus nombreux, de vieillesse, c'est d'un banal ! Le plus célèbre, c'est bien sûr Louis XIV, mais on pourrait citer (et j'en oublie des barriques) Charlemagne, Pépin le Bref, Robert II le Pieux, Philippe I°, Louis VII le Jeune ("le Jeune" qui meurt de vieillesse, quel humour ce Raoul !), Lothaire (l'avant-dernier Carolingien), Philippe Auguste, Charles V le Sage, Charles VI le Fou, Charles VII (mais pas Charles VIII, j'y reviendrai sur celui-là, c'est un des cas rigolos !...), François I° ou encore Louis XVIII. Ce dernier mérite d'être souligné. C'est le roi qui a succédé à Napo I° en 1814 puis, après les Cent-Jours, en 1815. Il n'avait pas d'enfants, mais un frère, Charles. Louis était plutôt pour conserver les acquis de la Révolution et du Consulat (sans aller jusqu'à dire qu'il était progressiste, faut pas déconner non plus), Charles au contraire était un "ultra", partisan du retour à l'Ancien Régime, le pouvoir de droit divin et le droit de cuissage, tout ça... Autant dire que Charles et ses partisans attendaient avec impatience le royal passage de l'arme à gauche ! Louis XVIII le savait et, tandis que le Tout-Paris défilait dans sa chambre avant qu'il ne clamse,s'empressant de lui souhaiter prompt rétablissement et longue vie (les fayots !), le roi eut pour l'un de ces visiteurs le mot suivant (j'adore !) : "il ne faut pas que je tarde, car Charles attend." Y'a pas à tortiller une spaghetto cent sept ans : de l'humour sur son lit de mort, j'espère que j'en serai capable !
Alors voyons, qu'est-ce que j'ai d'autre en stock ? Ah oui, les décès par maladie. Ce n'est pas le chapitre le plus marrant, mais ce n'est pas non plus le moins bien doté en épisodes... J'ai déjà parlé de Saint-Louis (la peste, Tunis en 1270). Son père Louis VIII aussi a claqué de problèmes de santé : il avait toujours eu une santé fragile et des fièvres l'ont emporté lors d'une campagne. Il est mort à Montpensier en Auvergne, en 1226. Philippe V le Long aussi succomba à une maladie, en 1322 au couvent de Longchamp (à l'époque dans le Bois de Boulogne, y'avait des nonnes, ce n'est plus tout à fait le cas aujourd'hui...). François II, roi de France et d'Ecosse (et ouais, c'est la classe quand même : il est le seul à pouvoir dire ça !), mourut de sa santé déficiente en 1560 à même pas 17 ans. Son frère Charles IX périt d'une dépression nerveuse qui tourna mal, deux ans après avoir ordonné la Saint-Barthélemy. Louis XV, très vieux, succomba de la petite vérole (les sans-culottes qui profanèrent sa sépulture en 1793 s'en souviennent encore, ce fut immonde !). Le Hutin (Louis X) aussi mourut assez jeune à cause d'une mauvaise fièvre chopée au Louvre, dont Dumas nous rapporte que, au XVII° siècle, il était toujours aussi mal chauffé... Bref, la santé, ça reste un bon moyen de décéder, tu noteras qu'avoir le pouvoir miraculeux de guérir les scrofuleux n'est pas un gage de bonne santé !
Aucun (snif !) n'est mort dans les bras d'une femme, c'est un peu dommage quand même... Heureusement, la République a comblé ce manque en 1899 avec ce bon (et coureur) Félix Faure ! (et le pauvre docteur qui arrive et qui demande à l'huissier si le président a encore sa connaissance et s'entend répondre que non, elle est sortie par la porte de service !). Encore que, Philippe VI de Valois aurait pu appartenir cette catégorie ! En 1349, il est vieux, usé, il s'est pris une branlée à Crécy et son fils Jean (le futur Jean II le Bon) trépigne de lui succéder. Tous les deux sont veufs. On décide de marier le fils à une princesse de Navarre, Blanche. La jeune fille arrive à Paris pour le mariage mais, manque de pot, le futur Jean II n'est pas là, il inspecte ses comtés d'Anjou et du Maine. Le vieux roi accueille donc sa future bru. Et là, paf ! Coup de foudre ! (unilatéral, hein, le coup de foudre, c'est l'histoire de France que je te raconte, pas le dernier Marc Lévy !) Et le vieux Philippe décide de l'épouser lui-même, la (très très) belle princesse Blanche. Quand Jean revient à Paris, sa fiancée est devenue sa belle-mère. Philippe VI va survivre 11 mois à ce mariage un brin honteux (Blanche a 19 ans, lui 56...), 11 mois pendant lesquels, paraît-il, le roi garde très souvent la chambre... avec la reine. Ce beau brin de fille a réveillé et stimulé mieux que du viagra à haute dose les ardeurs du roi de France, qui a vécu à la fin de sa vie la période la plus heureuse de sa vie ! Hélas, cette histoire a également une face plus triste. A la mort du roi (d'épuisement ?), Blanche a 20 ans et plus personne ne va s'intéresser à elle. Elle va finir sa vie discrètement, dans un hôtel parisien, sans pouvoir se remarier, sans enfant à élever (la petite princesse née de ces 11 mois de labourre assidu ne dépassera pas l'adolescence...). Blanche ne s'éteindra qu'en 1398, soit après un long veuvage solitaire de 48 ans ! Tout ça à cause d'une libido royale mal contrôlée !
Nous arrivons vers les cas plus originaux. D'abord, plusieurs de nos rois sont morts en captivité. Le plus connu,
c'est Jean II le Bon (celui qui a failli épouser Blanche de Navarre), mort en captivité à Londres. Ce gros ballot a engagé son armée contre les Anglais dans la pire des
configurations près de Poitier, en 1356. Ses troupes se sont fait hacher menu et le roi a été fait prisonnier. Envoyé en Angleterre, il a attendu la fin des négociations entre son fils le dauphin
(futur Charles V) et Edouard III, le roi des Glaouches. Il finit par pouvoir revenir en France, organiser lui-même la collecte de la somme pharaonique due à l'Anglais en échange
de sa libération. Comme les Anglais ne sont pas complètement crétins, des otages sont envoyés à Londres en attendant, dont plusieurs fils du roi. Nous sommes en 1360. L'un des dits fils Louis,
tout nouveau duc d'Anjou, vient de se marier avec la belle Marie de Blois. Séparée de sa belle par ce statut d'otage, il se morfond. Puis, le
popole les élans du coeur l'emportant sur le devoir filial et d'Etat, il s'évade et rentre en France retrouver Marie. Tu imagines la suite : colère noire des Anglais, colère noire du roi
de France contre son fils, nuits blanches pour la belle Marie et obligation de réparer la félonie. Jean, qui a oublié d'être le plus futé de nos rois et qui a trop lu les histoires de chevalerie
quand il était jeune, va, magnaniment, retourner en Angleterre prendre la place de son fils. Il y restera 4 années de plus, jusqu'en 1364 où il meurt de vieillesse et d'inaction à
Londres.
Charles III le Simple aussi est mort en captivité, à Laon, je l'ai évoqué tout à l'heure. En lutte ouverte contre une majorité des grands barons
emmenés par Robert, le marquis de Neustrie, il a eu cru trouver malin de se réfugier chez le comte de Vermandois, rival de Robert. Sauf que ce comte, Herbert II de Vermandois, était un grand
malade mental (il a été réincarné récemment en président de la république française du XXI° siècle...) qui, ni une ni deux, a chopé le roi et l'a placé en résidence surveillée à Laon. Charles y
mourra 6 ans plus tard, pendant que ses adversaires occuperont son trône, d'abord Robert, puis le beau-frère de celui-ci (attention, ouvre bien les yeux, c'est mon moment préféré
de cet article !), le duc de Bourgogne RAOUL (roi de 923 à 936 ! Yes, yes, yes, j'ai un prénom royal !!!).
Toujours dans les morts en captivité, l'histoire du petit Louis XVII est une des plus tristes de mon récit. Vous la connaissez. C'est un enfant
quand éclate la Révolution. En 1792, la famille royale est arrêtée à Varenne et emprisonnée à la Conciergerie. En janvier 1793, Louis XVI est exécuté, puis en octobre Marie-Antoinette. Le petit
Louis est orphelin et cela fait de lui le roi de France. En même temps, les Conventionnels ne peuvent pas décemment décapiter un tout juste adolescent, ça le ferait pas... Ils vont le laisser
crever lentement, de maladie et de malnutrition dans sa geôle infâme.
Deux rois sont morts en exils : Charles X (en Autriche en 1836) et Louis-Philippe (en Angleterre en 1850). A cette liste de nos rois déposés s'ajoute Charles II le Gros, un Carolingien de la branche allemande (le seul roi de France allemand avant Angela I° en 2012), déposé en 887 pour avoir laissé les Normands assiéger Paris pendant 11 mois sans rien faire (enfin si, il est venu, il a vu et il a... attendu... Il est mort en 888 en Germanie, abandonné de tous. Dans cette liste, il y a aussi le dernier Mérovingien (Chilpéric III ? Ou est-ce un Childéric ? Ou peut-être Thierry IV ? de mémoire, je sais plus trop) (ce qui me permet - fort adroitement n'est-ce pas ? - de te faire remarquer que j'écris tout ce papier sans consulter la moindre source !) (tout de mémoire le Raoul !) (la classe interplanétaire !), bref, le dernier Mérovingien, déposé par Pépin le Bref, rasé et tondu (c'est-à-dire privé de sa dignité d'homme aux yeux de ses contemporains) et envoyé croupir dans un monastère jusqu'à la fin de sa vie (dont on ignore d'ailleurs la date) (par contre, une chose est sûre, c'est qu'il est mort) (il aurait dans les 1280 ans sinon...) (arfarfarf !...).
Deux accidents de chasse nous ont également coûté un roi : le premier en 987 entraîne la mort du jeune Louis V, la fin des Carolingiens et l'avènement d'Hugues Capet. Le second survient fin 1314, du côté de Pontoise. Philippe le Bel - le "roi de fer" - est retrouvé pris de tremblements incontrôlés dans la neige, en pleine forêt, après s'être éloigné des autres pendant la chasse. Les fièvres sont terribles, le roi n'est plus très jeune, l'affaire semble entendue. Mais le roi a une volonté de fer (sans jeu de mot) (enfin si !) et exige d'être emmené à Fontainebleau (où il est né) pour mourir. C'est juste à l'autre bout du bassin parisien et le roi ne peut être déplacé qu'en bateau. Ce voyage sera un enfer, pour le roi d'abord qui souffre et délire, pour ses courtisans qui sont avec lui, car c'est long, sur une barge, Pontoise-Fontainebleau par la Seine ! Preuve de sa force mentale, le roi attendra effectivement d'être à Fontainebleau pour claquer...
Et puis, il ya pour finir mes 3 préférés, ce que j'appelle les morts balottes ! De la moins marrante à ma préférée :
1. Le tournoi est un jeu, un spectacle, mais Henri II y trouve la mort en 1559 face au Connétable de Montmorency. Son heaume était mal fixé et,
sans doute, le connétable a tenu sa lance un peu haut. Toujours est-il que le roi décède des suites de cet accident très bête, laissant le pays à un enfant soufretteux (François II) et, fort
heureusement, à une Italienne caractérielle (Caterina di Medici).
2. Charles VIII habite le château d'Amboise (et tu découvres ainsi qu'Amboise a été la capitale de la France pendant quelques décennies au XV°
siècle !). Assez ancien, ce château a quelques portes un peu basses. Le roi est assez grand, il est surtout parfois distrait. Un jour qu'il est un peu pressé (une envie soudaine ?), il oublie de
se baisser pour franchir une porte (qu'il franchit pourtant tous les jours plusieurs fois !) et se fracasse le crâne contre le chambranle ! Apparemment, il n'avait pas la tête assez dure (bien
que sa femme ait été bretonne) (la mienne aussi), car il en est mort.
3. Enfin, last but not least, mon chouchou, Louis VI le Gros. J'ai une réelle admiration pour ce roi, même si sa mort fut ridicule : c'est le seul
roi mort d'un accident de la route de toute notre histoire ! Il chevauche avec son escorte dans les rues de Paris pour rejoindre le Palais de la Cité. Les rues sont boueuses, encombrées,
populeuses, bref, c'est Paris (ça n'a que peu changé, tu le constates). Et puis, voilà qu'un porc se trouve au milieu de la rue (là où convergent les eaux sales pour être évacuées, le caniveau
était eu milieu au Moyen-âge). Le cheval du roi tombe sur ce bestiau rose (enfin rose... marron boue plus probablement), ce bestiau dans lequel tout est bon et - prend-il peur ? - il se cabre,
envoie le (gros) roi bouler au sol. La chute est mauvaise, le roi tombe sans doute sur le crâne et paf, le roi est mort. C'est bête, hein ?
Pour conclure, quelques remarques, si tu as encore un peu de patience :
D'une, presque tous nos rois sont morts en France. Font exception les quelques exilés que j'ai cités : Charles X (Autriche),
Louis-Philippe (Angleterre), Charles le Gros (Allemagne), plus Saint-Louis (Tunis) et Jean II le Bon (Londres).
Deuze, tous les capétiens (i.e. Hugues Capet et ses successeurs) ont été inhummés à Saint-Denis, sauf QUATRE : Philippe I° (mort de vieillesse en
1108 et inhumé à Saint-Benoît-sur-Loire, sa tombe y est toujours visible), Saint-Louis (intransportable depuis la Tunisie à cause de la peste), Louis-Philippe
(enterré à Dreux, dans un monument qui surplombe la ville et qui était fermé le jour où j'y suis allé) et un autre qui est peut-être Charles X... (encore que je ne sois pas du
tout sûr de ça...)
Troize, je n'ai parlé que des rois et pas de nos empereurs : Napo I° le Grand, Napo II l'Aiglon et Napo III le Petit, c'est pas moi qui le dit, c'est Victor Hugo.
Tous trois ont la particularité d'être morts en exil, hors de France et après avoir été déposés : le Grand à Sainte-Hélène, l'Aiglon en Autriche (il était archiduc par sa mère Marie-Louise) et le
Petit en Angleterre chez sa copine Victoria).
Quatre, non rien juste qu'il faut pas oublier le point.
Cinqzze, une des plus tristes fins d'un roi français ne concerne pas un roi de France mais un roi d'Angleterrre. Je te parle d'Henri II
Plantagenêt, qui était angevin par son père et anglo-normand par sa mère. Il a été un très grand personnage du XII° siècle, un grand monarque pour l'Angleterre et un adversaire
redoutable pour les rois de France Louis VII (dont il avait épousé la femme répudiée) et Philippe Auguste. Henri II avait des fils turbulents, avides de régner et prompts à la rébellion. En 1189,
il en reste deux : Richard (le futur Coeur de Lion) et Jean (déjà "sans terre"). De tout temps, Jean est celui qui a le moins fait chier son père. A l'issue d'une ultime révolte des barons
poitevins et autres (tout ça se passe en France, Henri II avait plus de sujets en France qu'en Angleterre), Henri, vaincu, abattu, malade se réfugie en Anjou pour mourir. Sa dernière volonté est
qu'on lui lise la liste des barons révoltés. Guillaume La Maréchal - "le plus grand chevalier de tous les temps" - s'exécute, sachant qu'il va briser le coeur du vieux roi : la liste commence par
le nom de Jean sans Terre. Brisé, Henri se retourne alors vers le mur, il pleure. Et il meurt. Je trouve cette fin cruelle, et très injuste pour un tel personnage.
Ce n'était pas un roi de France, ma conclusion sera donc une digression. Mais finalement, qui le saura jamais ?
Difficile de ne pas commencer par une pensée émue pour Tata Bridget et ces pauvres gens du Sud-est qui sont sous la neige et le froid sibérien. Ah ! ça valait bien la peine de quitter sa Normandie, pas vrai ? (hihihihi !!!)
Aller, là n'est pas mon sujet. Pas plus que le problème du mal-logement, à Auckland comme ici. Pas plus que la présidentielle qui occupe désormais l'intégralité des écrans, débats, journaux et autres dessins humouristiques sur la toile.
Mais non, pas de papier là-dessus. La politique, hop, ranafout' !
Dans mon grand palais désert, j'hiberne, tel un ours slovène des Pyrénées. Pour dire vrai, je m'efforce à pointer au moins une fois par jour le nez dehors, mais, ces jours-ci, c'est plutôt ultra-rapidos ! C'est qu'il caille ! On est passé sous les +10°C à Bordeaux, tu te rends compte ? C'est insoutenable !
Vite ! donnez-moi un 4x4 que je vous réchauffe tout ça dare dare !!!
Quand tu chopes un coup de froid, heureusement nous, en Aquitaine, on a Agen. Pas qu'il y fasse plus chaud qu'ailleurs, non, mais là-bas, on a une spécialité qui fait de nous un leader mondial : le pruneau l'aspirine. Et oui : chaque fois que tu achètes un produit UPSA (même pas peur de la pub gratuite que je fais, c'est du régionalisme économique, mon moyen à moi de lutter contre la mondialisation galopante et le réchauffement climatique), bref, chaque fois que tu achètes un produit UPSA, tu achètes lot-et-garonnais. Parce que, saches-le, le "A" de "UPSA" signifie "Agen". et ouais ! c'est nous qu'on fabrique l'aspirine, le Fervex et tous ces trucs merveilleux qui te requinquent un quasi-mort en deux heures ! (tu reconnais la modération verbale caractéristique des Gascons dans mon propos) (un truc qu'on s'est fait copié par les Marseillais) (qui, reconnaissons-le sportivement, ont bien amélioré le truc). Tout ça pour dire que je me suis tapé un petit mal de crâne pendant 3 jours et que, grâce aux spécialités locales, c'est passé...
Et puisque j'en suis à causer de médicaments, voilà un sujet de bien-pensance qui s'offre à moi. Désormais, quand une femme tient une pharmacie, possède le diplôme de Docteur es Pharmacie qui va avec et exerce ce (beau) métier de pharmacien on ne doit plus dire "la pharmacienne" pour la désigner, mais "le pharmacien". La connerie politiquement correcte a décidé de déféminiser les femmes pharmacien(ne)s. Parce que, op. cit., "pharmacienne", ça laisse croire que c'est la femme du pharmacien. Wesh... Et donc le mari de la femme qui tient la pharmacie du village, on dit comment ? "le pharmacienne" ? "la pharmacien" ? Moi, si j'étais soldat, je refuserais de prendre mon tour de garde tant qu'on a pas masculinisé le mot "sentinelle", tiens ! Mais prolongeons le raisonnement : imaginons que ce brave homme (le mari de la blonde qui tient la pharmacie) soit justement le boulanger du village. La logique ci-dessus décrite veut que sa femme soit "la boulangère" (i.e. la femme du boulanger), bien qu'elle n'ait aucune compétence dans la boulange et qu'elle n'y mette quasi jamais les pieds dans la boulangerie, puisque sa pharmacie est la dernières en activité dans le canton et que donc, elle est ouverte 6 jours sur 7, 12 heures par jour. Et nous voici donc dans un monde merveilleux où "le pharmacien" et "la boulangère" désignent une seule et unique personne ! Et va-t-en apprendre la grammaire aux gamins de ce village ! Celui qui va ramer dans ce bled, c'est l'instit ! En plus de faire 4 niveaux en même temps (forcé ; il est le dernier instit du canton, tous les autres n'ont pas été remplacés quand ils sont partis en retraite), c'est lui qui va devoir apprendre la notion de genre à ses élèves ! Ah, ils se sont bien foutus de sa gueule les intellos parisiens ! Et c'est comme ça que ce pauvre type, qui a toujours voté PS, cette année, pour faire chier, il va voter Marine qui, bien qu'étant de sexe féminin, s'appelle quand même LE Pen. Et qui, après Jean-Marie, nous inglige bien une double... peine.
(ah ben en fait si, j'en ai causé de la politique !)
A ciao tutti !
Paroles d'explorateurs