Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 00:32
Elle est à toi cette chanson
Toi Vincent, pauvre Peillon
Qui donc l'avait prémédité
Ton coup et l'a revendiqué !

Toi qui prends cher dans les journaux
Laché même rue d'Solferino
Dans ce débat identitaire
Tu viens de plomber ta carrière

Car ce n'était rien qu'une esbrouffe
Mais désormais la France pouffe
Et ça fait du bien le matin
De se foutre d'un gros crétin !

Toi le Vincent, pauvre Peillon
Tu nous l'as vraiment joué couillon
Et plus tard quand je voterai
Sois sûr que je m'en souviendrai.
..

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 16:50
Aujourd'hui, je cherche un sujet pour t'écrire. Oui c'est vrai ça : je ne m'occupe pas assez de toi ! Et je le sais ! Mais bon, c'est comme ça, ça ne se commande pas, l'inspiration !

Alors voilà, je me dis : "aller Raoul, au taf !" et je cherche un sujet. Hélas, rien ne vient. Pas même deux rimes pourries pour commencer un joli poème... Heureusement, pensé-je, le vaste monde va venir à mon secours ! Seulement, l'actu... De quoi je peux te parler dans l'actu ? Bien sûr, il y a Haïti. Mais à part dire que c'est terrible, qu'il faut faire quelque chose, qu'on est solidaire... Bref, à part dire ce que tu penses de toute façon, qu'ajouter ? Hélas, je n'ai pas dans mon tiroir un plan de secours tout ficelé ni un projet décennal de développement économique et social de ce pays où je n'ai jamais mis les pieds. Alors...

Après, je n'ai aucune envie non plus d'épiloguer sur Vincent Peillon. Les éditorialistes de toute la France l'étrillent à tout de bras depuis quelques  jours et c'est bien fait pour sa gueule. Rien à ajouter, ni sur lui, ni sur Eric Besson ni sur l'identité, ni sur le PS, et même pas sur le petit Nicolas, qui va nous parler bientôt, sur TF1. Dommage, je regarde la 2 moi, pour les infos... Tant pis, je me contenterai des meilleurs moments sur I-Télé, ou le lendemain chez Pujadas.

L'actu... Pas marrante en ce moment. Le ban et l'arrière-ban présentent leurs voeux. Cette histoire, ça occupe la France entière (enfin, la france politique, économique et médiatique) pendant un mois entier ! Finalement, non non, c'est pas vrai, Renault va bien fabriquer la Clio 4 en France (enfin en partie) et la SNCF ne va pas fermer des liaisons TGV pas rentables. Ah bon, ouf ! Sinon, dans deux mois, ce sont les élections régionales. Sauf que personne ne sait de quoi s'occupe la Région et encore moins quel est le budget de son Conseil régional. On s'est beaucoup plus passionné pour la présidence de l'Epad qu'on ne s'intéresse à celle de l'Ile-de-France ou de sa région. Pourtant, la Région peut beaucoup plus pour changer la vie des gens que l'Epad... Aller, je t'aide. La Région, c'est elle qui décide pour le TER, la construction, l'entretien et l'équipements des lycées, elle est en charge de toute la formation professionnelle ; c'est elle aussi qui définit les grandes lignes de l'aménagement du territoire : ce que sera ta région dans 20 ans, c'est en votant en mars que tu pourras influer dessus. Alors ne te trompe pas de combat : sur ce coup-là, ça ne compte pas ce que tu penses du petit Nicolas et de sa politique.

L'actu, l'actu... Paroxysme de l'éphémère, vide abyssal qui creuse l'inintelligence collective. Il y a 8 jours, tout le monde s'est ému de la disparition d'un des plus grands hommes d'Etat français du monde et, aujourd'hui, presque plus personne ne saurait le nommer et encore moins les postes qu'il a occupés. Buzz, quand tu nous tiens ! Dans 8 jours, plus personne ne saura pourquoi le nom de Vincent Peillon lui évoque quelque chose et on recommencera à confondre allègrement les termes "Haïti" et "Tahiti"...

L'actu... Tu vois : vraiment pas de quoi en faire un papier !

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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 10:40
Rappelle-toi Barbara, on dansait le samedi en ce temps-là (et j'ai vue, rue de Siam, etc., etc.). On dansait sur des musiques étranges, disco, pop, rock. Des synthés qui aujourd'hui feraient rire un enfant de quatre ans nous paraissaient des objets (et des sons) extra-terrestres !
Rappelle-toi Barbara, même à Brest vous deviez connaître ces noms : Pop Corn, Orchestral Manoeuvre in the Dark, ABBA, etc. ! Et puis, il y avait ces groupes à trois balles sur lesquels on s'amusait comme des fous : tu te souviens des Forbans par exemple ? (Chante, chante, danse et mets tes baskets ! Chouette, c'est sympa tu verras, viens, surtout n'oubblie pas: vas-y ramène-toi et tout le monde chez moi !)

C'était le temps du Jurassik Rock, avant l'électro, la house, le R&B et, bien sûr bien avant la techno ! Nos musiques de soirée ne cassaient pas trois pattes à un canard unijambiste, leurs clips relevaient bien souvent du plus grand kitch, mais qu'est-ce qu'on rigolait ! C'était le temps des brontosores, l'ecstasy et tous les psychotropes d'aujourd'hui n'existaient pas et, dans les salles de bal, on pouvait aussi se parler !
Et, sur le tard, on passait des slows ! (et ce n'était pas ringard de danser un slow, je précise pour les plus jeunes)

Ah, Barbara, rappelle-toi !...

Nostalgique le Raoul ? En fait pas vraiment. Pourtant, j'aimerais bien retrouver de temps en temps cette ambiance de nos soirée bon enfant des années 80. Des soirées où les filles viennent en robe et les garçons avec une veste. Où l'on boit des long drinks, et où on danse le rock, la bossa nova et le charleston ! Si j'avais de l'argent, j'organiserais des soirées comme ça,
des soirées rétro eighties. Probablement ne serions-nous que des trentas et des quadras à nous y retrouver, mais tant pis !

Enfin... Aujourd'hui, c'est l'époque de Sliimy, de Rihanna... Et de Amy Whinehouse...
Et après tout, pourquoi pas : à chaque époque son kitch !



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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 18:22

L’adage veut que les voyages forment la jeunesse, je pense surtout que ceux en train développement les blogs. Que de pages ai-je pu écrire dans les trains ! Que d’histoires me sont venues dans des gares ! Désormais, chez Picouly à France 5, à la question : "quel genre d’auteur êtes-vous ?", je répondrai toujours : un auteur ferroviaire !

Il y a le papier précédent, et bien d’autres sur ce blog, écrits dans des trains depuis 18 mois, depuis que, par un hold-up de l’histoire amoureuse de l’humanité, je me suis retrouvé à monter à Paris régulièrement avant, par une nécessité professionnelle, de me retrouver à descendre tout le temps dans le Sud…
Mais il y a plus. Il y a quelques années, j’attendais un train au Buffet de la gare de Bordeaux Saint-Jean. Je devais siroter une bière probablement et, dans la salle, à une vingtaine de mètres de moi, il y avait une fille dont je ne voyais pas le visage. Elle et moi sommes devenus les personnages d’une nouvelle, commencée quelques minutes plus tard dans le TGV. Oh, pas un chef d’œuvre ! Je ne te l’ai d’ailleurs jamais proposé à la vente sur www.lulu.com (le site Internet où tu peux commander toutes mes précieuses contributions au génie littéraire français) (note que ceci n’est pas une tentative publicitaire de ma part) (oh non : c’est pas mon genre !) (je saurais même pas faire…).

Une autre histoire littéro-ferroviaire est encore plus belle. Un jour, je prenais le train à Limoges pour rentrer à Paris. Je n’avais aucune idée en tête. Et puis, j’ai ouvert l’ordinateur et j’ai commencé à écrire quelques mots. Franchement, comme ça, comme ça venait, histoire de voir. Je n’ai pas lâché mon clavier jusqu’à Austerlitz. Tandis que le train arrivait en vue des quais de la gare, j’ai mis le point final à une nouvelle de 10 pages, intitulée Le Musée, une historie de rencontre dans un Musée du Vatican imaginaire, avec une fille étrange qui porte une libellule sur l’épaule… Ce qui rend l’anecdote particulière, qui lui donne sa saveur, c’est que la semaine suivante, jour pour jour, j’ai repris le train à Limoges pour remonter à Paris. J’ai ouvert l’ordinateur et j’ai commencé à pianoter quelques mots, comme ça, pour voir. Je jure que je n’avais pas un seul instant imaginé en montant dans le train que j’allais écrire une seconde nouvelle ! Et je jure que cette histoire de 10 pages exactement dont j’ai mis le point final en arrivant à Austerlitz, je ne l’avais pas en tête, ni de près ni de loin, en montant dans la rame ! C’est arrivé pourtant : une seconde nouvelle, Le Lancier, était écrite. Pour ta gouvernante, sache qu’elles font toutes les deux partie du recueil intitulé Le Passager clandestin, disponible sur www.lulu.com sous mon pseudo Saint-Gilles. (Note que ceci est ouvertement une incitation publicitaire !) (en fait si : je sais faire…)

J’écris toujours directement sur l’ordinateur. J’écris d’abord toujours le début. Après, il m’arrive d’écrire des morceaux sans tenir compte de l’ordre. C’est d’autant plus vrai pour les textes longs. Parfois, la fin est écrite très tôt. En général, quand j’ai les quelques pages du début, il y a un temps d’arrêt au cours duquel je construis globalement la structure de l’histoire : personnages, trame scénaristique, épisodes clés, etc.
Après l’écriture, il y a toujours un temps de latence. Quand un livre est fini, il y a une période de grand vide. D’incapacité à rien sortir. Dans ces moments, les voyages en train deviennent franchement longs et pénibles ! Au début, ça m’angoissait un peu. Maintenant non, j’ai appris à faire avec et je sais que ça finira par passer. Après Ce que nous sommes, je suis resté dix-huit mois sans rien faire. C’est long ! Et puis, le manque s’installe. Pour moi, écrire est un loisir, mais un loisir capricieux : parfois, l’inspiration me boude et me laisse sec devant la page. D’autres fois, l’envie d’écrire devient oppressante. Je ne suis finalement pas très libre face à cela. L’autre jour, j’expliquais à une cousine que je ramais beaucoup en ce moment, que l’écriture de mon nouveau roman s’avérait très difficile, que je piétinais, n’aimais pas trop ce que je faisais. Elle m’a dit que ça devait rester un loisir – et donc un plaisir. Et c’est là que j’ai formulé cette histoire de manque : j’écris parce qu’il le faut. Parce que je me sens mieux si j’écris des trucs pourris que si je n’écris pas du tout.

Dans tout cela, le blog joue un rôle important. Certes, tu n’y trouves pas que des textes "littéraires" mais il constitue un lieu d’écriture à part entière, avec ses mécanismes propres, la possibilité d’un apport graphique, etc. Plusieurs textes écrits d’abord sur le blog ont ensuite été intégrés à un recueil (En compagnie des zèbres et de quelques gazelles, tu sais où aller si tu veux en savoir plus !) Mais ce n’est pas leur vocation. Un blog n’est pas un livre, ni un terrain d’essai. Il est en soi une expérience – et une expérimentation ! Et je suis donc revenu de la tentation de "faire un livre" avec les meilleurs textes de ce blog.

Voilà. Encore un voyage en train profitable à ce blog (enfin je l’espère quand même un peu !). Le soleil décline sur l’horizon, nous approchons d’Orléans. Dans une heure, nous arriverons à Austerlitz. Qui sait si, d’ici là, quelques lignes de plus…



 

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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 19:34

Tout en finesse et élégance, ainsi qu’à son habitude, Tonton Raoul revient sur sa semaine de rentrée. Et là, nécessairement, tu te dis : "oh, chouette !" et tu coupes ton téléphone portable pour être sûr de ne pas être dérangé pendant ta lecture.

D’abord, note que le gars (ou la garce, je l’ignore) qui a gagné 10 millions au loto mercredi soir, ce n’est pas moi. Si ça avait été le cas, je ne me trouverais pas à l’heure où j’écris ces lignes dans le train entre Poitiers et Paris, mais dans un avion en route pour Akaroa ! Note également que, dans un tel scénario, ce blog serait incrusté de diamants et de pierres précieuses. Bref, un autre m’ayant soufflé mon jackpot sous le nez, je reste aussi pauvre qu’avant, c’est-à-dire pas si pauvre que ça. Devant une telle injustice, j’ai consulté sur le site de la Française des Jeux l’historique de ma combinaison. Et donc, j’ai appris qu’elle n’était jamais sorti depuis le début du nouveau loto il y a quelques années, et même qu’elle n’avait jamais dépassé les 3 bons numéros. Ce qui veut dire, note-le bien, que le meilleur de cette combinaison est à venir et, qui sait, peut-être serai-je encore vivant lorsque ça adviendra (encore que, statistiquement, rien n’est moins sûr)… Je te laisse imaginer rêveusement ce que toi, tu ferais si tu avais 10 millions d’euros, moi perso, je le sais depuis longtemps.

Ensuite, en parlant de semaine de rentrée, c’était aussi celle de Justine Hénin, la tenniswoman belge qui, il y a deux ans, nous a annoncé sa retraite et assuré, oui oui c’était ferme et définitif, que c’était une décision ferme et définitive. Donc, elle a repris la compétition cette semaine, à Brisbane, en Australie, là où mes voyageurs ont fait étape, si tu t’en souviens bien. Pour ta gouvernante, tu noteras par ailleurs que Federer et Nadal ont fait leur rentrée à Doha, et moi à Pessac, dans la banlieue de Bordeaux. Et encore, j’ai échappé à Villefranche-de-Rouergue, à chacun ses destinations de rêve ! Je semble promis à un début 2010 très nomade, pimenté par des chutes de neige qui bloquent les trains, des épandages de produits toxiques sur les voies qui bloquent les trains et des clients qui, eux, croient encore que j’habite à Agen et donc ne comprennent pas pourquoi j’ai toujours deux heures de retard partout où je vais !

Et l’amour dans tout ça ? Et la tendresse, bordel ? Mais oui, en voilà une bonne question ! Pour y répondre sans y répondre, note que si j’avais gagné les 10 millions, j’ignore si ma côte d’amour aurait bougé en quelque sens que ce soit (je ne le crois pas d’ailleurs), par contre mon nombre d’amis oui ! Encore que, qui sait si, sur l’avenue, peut-être des nuées de filles surexcitées, attributs gonflés à bloc, ne se jetteraient-elles sur moi en me suppliant de les épouser ?!!! (je t’avais prévenu sur l’élégance et la finesse de ce papier) (si je t’avais prévenu !). Les pauvrettes ! Elles repartiraient la queue basse (enfin, façon de parler métaphorisant des chiens – des chiennes en l’occurrence – toutes défaites d’avoir été abandonnées par leur maître, un soir d’hiver à Gruissan-Plage, dans la banlieue (lointaine) de Valparaiso. [Ce dernier point est incompréhensible pour quelqu’un n’ayant jamais été à Gruissan-Plage hors saison et n’ayant pas la même représentation imaginaire de Valparaiso que moi.] [Autant dire, personne ne peut me comprendre, mais moi si et, comme je suis ici chez moi, je me comprends.] Bref, "l’amour grandit, tel ce cruel marmot que l’on prît pour Barcelonnette", enfin quelque chose comme ça, pour le texte exact, référez-vous à la scène du balcon dans Cyrano et Juliette de Bergerac.

Pour m’occuper dans le train, quand je ne t’écris pas, j’ai lu entre hier et aujourd’hui mon premier numéro reçu de Newsweek, une sorte de Nouvel Obs américain, écrit tout en étranger. Je suis assez content : j’ai plutôt bien tout compris et lu assez rapidement des articles, même les chiants. Ainsi, j’ai appris que la pratique du homechurch se répandait aux Etats-Unis et touchaient déjà environ 7% des Américains ! Il s’agit – il faut tout t’expliquer : toi tu lis que le Nouvel Obs, pas Newsweek – il s’agit, donc disais-je avant de m’interrompre, il s’agit de gens qui pratiquent leur culte religieux non plus à l’église / au temple mais dans leur salon, avec leurs amis. Des paroisses à domicile, autogérées où l’on célèbre la messe à sa sauce ! Et voici donc que l’Amérique découvre ébahie la notion de désinstitutionalisation de la foi ! Plus sérieux, je me rends compte que les journalistes US prennent nettement moins de pincettes que les nôtres pour parler de l’Islam, des Musulmans, des terroristes et des islamistes, ce qui me conduit à penser qu’on ne doit pas trop en vouloir au Kansasien lambda de faire des amalgames qu’aucun Français ne pourrait se permettre sans s’attirer les foudres de l’intelligentsia ! Je ne blâme pas l’intelligentsia : les amalgames sont la porte ouverte à toutes les fenêtres et ne conduisent jamais à rien de bon. Je note que le Yémen préoccupe le chroniqueur new-yorkais, surtout depuis la tentative d’attentat dans le vol Amsterdam-Detroit, la veille de Noël. Le pire, explique mon journal outratlantique, c’est que le jeune qui a fait le coup était fiché par le Contreterrorisme américain depuis des mois ! Son père en personne (un riche banquier nigérian) était venu à l’ambassade US à Abuja (la capitale du Nigeria, révise un peu ta géo, non d’une pipe !) signaler que son fiston s’était barré au Yémen et y côtoyait la mouvance islamiste ! Mais voilà, la CIA a pas donné l’info au FBI, les gars de l’Agence anti-terroriste n’ont pas placé le gars sur la liste du demi-million de gars qu’il ne faut pas laisser monter dans un avion à destination des Etats-Unis sans certaines précautions ! Bref, comme l’a dit le beau Barack : il y a eu "une faille dans le système" (a systemic failure) ! Arf, moi, si je devais aller aux States, je choisirais plutôt une compagnie tahitienne ou népalaise ! M’enfin, suis pas trop concerné, Villefranche-de-Rouergue c’est dans l’Aveyron, pas en Californie… Enfin voilà, tu le constates, maintenant que je lis de l’English, je suis totally open on the world (totalement ouvert sur le monde) (je traduis pour les Jumelles qui n’ont que 6 mois et dont l’Anglais est encore approximatif…) (ainsi que pour les bimbos microcéphales qui m’assailliront sur l’avenue quand je serai millionnaire, avant que ma toute belle ne leur inocule le virus de la grippe A avec tout un lot d’adjuvants létaux).
- A l’assaut les gars ! Sus à la bimbo !
- Oui mon adjuvant, à vos ordres mon adjuvant !

Je regarde par la fenêtre et la plaine est blanche. C’est la Beauce, couverte de neige… Une pauvre voiture avance péniblement sur une départementale que l’on devine à défaut de la voir. Tout est immobile… (c’est la minute poésie) On dirait le temps suspendu et la nature comme morte… Les dieux nous ont-ils abandonné ? Heureusement, le TGV apparaît et brise le silence. Il injecte le temps d’un éclair et du bruit et du mouvement dans ce paysage endormi… C’est beau, c’est puissant, c’est vivant… (fin de la minute poésie).

Dans mon wagon, il y a deux vieilles qui jacassent comme des ados débiles et, comme elles sont un peu vieilles, elles sont un peu sourdes et donc elles parlent FORT. Et c’est chiant pour nous, les gens normaux, qui voyageons tranquillement sans embêter personne ! J’ai bien envie d’en prendre une pour taper sur l’autre mais, comme j’ai écrit sur ce même blog que la courtoisie était ma contribution à l’identité nationale, je vais m’abstenir… Prendre sur moi… Attendre que la Beauce laisse la place au Hurepoix, puis le Hurepoix à la banlieue et la banlieue, enfin, à Paris.

Et toi aussi, tu dois souhaiter que la Beauce laisse la place au Hurepoix et tout ça, pour que ce papier s’arrête ! Oui mais non : tu boiras le calice jusqu’à la coupe ! Ahahah !

Ma toute belle a une copine qu’elle me cache. Oui, c’est vrai : elle fait rien qu’à la voir quand je suis pas là ! Et si je sais à quoi elle ressemble, c’est uniquement à travers sa photo de profil sur Facebook ! Je vais finir par m’interroger de questions, moi ! En plus, comme elle n’a l’air ni bimbo ni microcéphale, il y a peu de chance qu’elle se jette un jour sur moi sauvagement et dépoitraillée sur l’avenue ! Il va falloir que je fasse du chantage, je vois plus que ça comme solution… Tiens ! Je vais la priver de foot à la télé tant qu’elle m’aura pas présenté sa copine ! (ah ben non, c’est moi que ça punit !) non, pire : je me lave plus les dents tant qu’elle m’aura pas présenté sa copine ! Ahah, ça c’est du lourd, hein ?
- Chéri…
- Oui ? [18 mouches
meurent dans l’instant]
- Je rentre chez ma mère !

Bon OK, c’est pas une bonne idée… Tant pis, elle me la présentera quand elle voudra ! Une autre fois ! Ah les femmes, j’te jure ! 

 Voilà, le train approche du Hurepoix, à 300 à l’heure, sans neige sur la voie, sans groupuscule corrézien pour couper les fils, sans produits toxiques tombés d’un train de marchandise, ça va tout de suite plus vite… Le (passionnant) récit de ma semaine de rentrée s’achève donc sur cette décision – ferme et définitive bien entendu, comme Justine : j’arrête de bloguer… jusqu’à la prochaine fois.

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