Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 14:03

G2M

Je suis un spectre dans la nuit
Un détrousseur de ce qui luit
Un arracheur de vos mantilles
Un gai trousseur de jeunes filles

Je suis le sonneur d’hallali
Le loup noir caché sous le lit
Je suis l’effroi pour vos enfants
J’ai tué la mère du p’tit faon

Ni grand cornu de la légende
Ni diplômé de la prébende
Ne cherchez pas dans le Bottin
Je suis moins mondain que crottin

Je suis un spectre dans la nuit
J’urine et souille l’eau de vos puits
Quatre de pique, valet de cœur
Je vous bluffe au poker menteur

On me déteste et on me traque
A celui qui me trouve, ce crac
L’Etat promet sa récompense
Et une bise de Miss France

Mais pas de chance pour les chasseurs
Je suis dans les bras de leurs sœurs
Pour la Santé, change à Denfert
Oh ! Skywalker : je suis ton père !

Je suis ministre d’Intérieur
Un V.R.P. de chez Karcher
Chef des programmes sur TF1
Je lobotomise au couffin

Je suis master chef d’indécence
Je suis le chef de la France
Conçu dans une meule d’emmental
Je suis le Grand Malade Mental

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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 11:07

Tu le sais peut-être, mais ton Tonton est du genre à connaître par coeur plein de choses inutiles, des listes interminables de choses ayant trait à l'histoire ou à la géographie par exemple. Ainsi, je peux te réciter sans erreur  la liste complète des départements, par ordre de numéro, avec préfecture et sous-préfectures... De même, je peux te reconstituer de mémoire l'arbre généalogique des Carolingiens et celui des rois de France capétiens, avec les dates de règne, les épouses, etc. Je peux lister sans défaillir les 16 Länder allemands, les communautés espagnoles et les régions italiennes. Je connais aussi les rois d'Angleterre, d'Espagne et, par coeur les anciens tenanciers des états d'orient créés par les croisades... Des listes de ducs, de comtes, etc. Je peux te réciter dans l'ordre la liste de tous les vainqueurs de la coupe du monde de football depuis 1930 et les scores de tous les matches de l'équipe de France en coupe du monde depuis 1982 (ou presque, il me manque un des matches de poule de la coupe 1986...).

Bref, des tas de listes aussi improbables qu'inutiles. Ce que je n'ai jamais réussi à intégrer, ce sont la table des éléments de chimie (Hydrogène, Hélium, etc.) et les comptes du Plan Comptable Général...

Et voilà que l'autre jour, un immense effroi m'a saisi : les 7 collines de Rome sont... euh... ben, y'a... J'en ai su 4, seulement 4 sur les 7 !!! Honte, tremblement, instant impardonnable ! Mieux aurait valu monter dans un bus à Knysna que de sécher sur les 7 collines de Rome !

Pour racheter ma faute et expier mon ignorance crasse, j'ai donc composé le sonnet ci-dessous. Par chance pour le poète, les noms des 7 collines ne forment pas seulement un dictionnaire de Rome, ils sont aussi un dictionnaire de rimes...

 

Quand le poète, d’humeur joueuse, s’éprend de Rome
Puis, homme de défi, parodiant Stendhal
S’inspire de la ville et de ses sept formes
Oh bosses historiques de la ville impériale

Autrefois Romulus choisit le Palatin
Selon le rite ancien, y traça dans le sol
Les contours de la Ville, cœur du monde latin.
Puis les oies sauvèrent Rome sur le Mont Capitole

Aujourd’hui l’Italie siège au Mont Quirinal
Lequel fait de l’ombre au petit Viminal
Et se souvient sans doute du grand Caius Julius

Tandis que la plèbe regagnait l’Aventin
Mécène sur l’Esquilin dessinait des jardins
Quant à moi ma ballade s’achève au Caelius

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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 14:49

"Ô Waterloo ! Je pleure et je m'arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, franchi les Alpes et le Rhin
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain !"

 

Waterloo, c'est quand ce qui paraissait inaltérable prend fin brusquement. Le récit du grand Victor (tu auras reconnu bien sûr ces quelques vers de l'Expiation) est formidable, surtout lorsque l'empereur est saisi par la peur, la trouille au ventre, les chocottes, "comme une gonzesse" diraient certains de nos jours. A la fin de chaque séquence du poème, un effroi glacial saisit l'empereur qui se demande si l'heure du châtiment a sonné. Et, en général, la voix fantômatique lui répond : "Non !"

Pourquoi évoqué-je aujourd'hui ce poème et m'arrêté-je sur l'empereur saisi par la peur ?

Parce que, il faut bien le reconnaître, un quelque chose qui semblait inaltérable en moi n'est plus. Et mieux vaudrait que je n'attende pas ni une campagne de Russie, ni un Waterloo mondain pour m'en rendre compte et sauver l'empire. Je me disais - et c'était normal - que "je ne tenais plus comme à vingt-cinq ans". D'où le besoin de "ne pas aller trop loin" dans les excès de bouche. La vérité, c'est que je ne tiens plus du tout

Alors oui, dans le tumulte et le fracas du combat qui se joue dans mes tripes les lendemains d'agapes, je suis comme l'empereur, saisi de peur, d'effroi, j'ai les chocottes, j'ai "les boules", je suis comme une gonzesse (encore que les deux dernières images soient assez peu compatibles...) : est-ce le châtiment, Dieu des entrailles ?

Et la voix obscure d'une digestion difficile me répond : "Non !"


"Napoléon les vit s'écouler comme un fleuve ;
Hommes, chevaux, tambours, drapeaux ; - et dans l'épreuve
Sentant confusément revenir son remords,
Levant les mains au ciel, il dit : "Mes soldats morts,
Moi vaincu ! Mon empire est brisé comme verre.
Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ?"
Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon
Il entendit la voix qui lui répondit : Non !

 

PS : tu noteras le génie visionnaire du poète avec sa métaphore de l'empire brisé "comme verre" ! 

PS2 : tu noteras aussi que l'expression "saoul comme un Polonais" a été créée par Napo Premier lui-même, pour marquer son admiration de ces lanciers polonais capables de charger l'ennemi et de renverser les lignes prussiennes ou autrichiennes avec plusieurs grammes de vodka par litre de sang, là où les soldats des autres pays peinaient à seulement marcher droit avec trois fois rien d'alcool bu la veille...

PS3 : il y a exactement 28 ans, jour pour jour, je faisais ma première communion. Ce jour-là, il y avait du champagne, mais moi je n'ai bu que du coca. (Passionnant, non ?)

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 20:00

Dans le métro ce matin, ligne 9 entre Auteuil et Troca, une minette, 15-16 ans, assise dans un carré. Le Blackberry dans une main, le poudrier dans l’autre, s’assurant qu’elle bien toute belle avant d’arriver au lycée. "Si à 16 ans, tu n’as pas un Blackberry ou un Iphone, tu as raté ta vie." RIDICULE !

Ce Secrétaire d’Etat, pote de Kadhafi, qui le samedi jure que "si elle part, je pars !", en parlant de sa compagne ministre, et qui le lundi est toujours là. MINABLE…

Ce grand garçon qui rentre de vacances dans un pays lointain. Atterrit à Roissy, aéroport bien connu pour être mal desservi par les transports (RER, Navette Air France, taxis par milliers, et même TGV pour ceux qui vont loin !). Oui mais lui, il appelle sa man-man qui habite à l’autre bout de l’Ile-de-France, pour qu’elle vienne le chercher. RIDICULE !

BOULET ! BOULET ! BOULET !

Ces greluches par milliers dans le métro, les rues, les avenues, les bus (mais pas le RER, elles y vont jamais, "y’a que d’la racaille là-dedans") avec des bottines absurdes, en forme de pseudo-après-skis, qu’elles sortent toutes de leur placard à peu près le même jour d’octobre et rangeront toutes dans leur placard à peu près le même jour de mars ou avril. Elles font pouf avec ça ! Certaines sont également du genre à tenir un Blackberry dans une main et leur poudrier de l’autre. RIDICULE !

Ce jeune consultant dynamique, enthousiaste, volontaire, motivé, à qui la DRH doit quand même expliquer que pour aller en déplacement chez les clients, il faut faire un effort vestimentaire minimal… Genre pas un jean, mais un col (une chemise quoi !), pas des baskets, etc. Pas besoin de taper dans le costard, mais un minimum, merde ! Le message semble être passé. Pourtant, la DRH revient dans le bureau et précise (je cite textuellement, en tant que témoin oculaire et auditif de la scène) : "Et repassée la chemise !" On pourrait croire que cette ultime remarque était quelque peu inutile. Oui mais non : "Oh non !" s’est exclamé le jeune cadre dynamique. RIDICULE !

Et juste derrière, il s’adresse à sa voisine de bureau et dit : "Je vais demander à mon coloc’ de me montrer comment on repasse." Tu me diras, ça pourrait être pire : il aurait pu appeler sa man-man pour qu’elle vienne chez lui repasser ses chemises !

BOULET ! BOULET ! BOULET !

Un vieux con, qui se dit que, de son temps, on était quand même mieux éduqué, qu’on respectait plus de choses, qu’on était plus débrouillard, qu’on savait vivre, etc. Et qui se dit qu’il n’a même pas 40 piges et que c’est un peu tôt pour penser déjà ça… Et qui repense à ce film, Ridicule !, dont la morale, c’est que, pour sauver ses paysans des épidémies, le chevalier de Machin-Truc, il n’a rien à attendre de la société qui n’en a cure, qui se regarde le nombril en oisivant, et qui prépare sa chute, et que donc, ce qu’il a à faire, c’est de rentrer dans ses Dombes et de faire ce qu’il peut avec ses petits bras musclés pour limiter la casse… Et peut-être un jour, parvenir à assécher ses marais. Et le vieux con qui est encore bien jeune pour être un vieux con, il se dit que lui aussi, il va faire ça, qu’il va arrêter de se désespérer à propos de ses contemporains et qu'il va repartir dans ses Dombes (qui sont nettement plus à l’Ouest que les vraies, ses Dombes à lui), s’occuper de sa vie et de ses proches et que ce sera bien suffisant. Et il se jure que sa gamine n’aura pas un Blackberry à 16 ans, que son gamin saura, à 26 ans, prendre le train pour rentrer de vacances et aussi qu’il faut mettre une chemise repassée pour aller voir les clients et que, pour être sûrs qu’ils apprennent bien tout ce qu’il faut – et qui ne s’apprend pas à la maison – et bien, contrairement à ce qu’il a toujours dit, et bien, ses gamins, il les mettra peut-être quand même dans le privé et qu’il s’arrangera autrement pour leur ouvrir quand même l’esprit sur le vaste monde et sur les gens qui sont leurs prochains… Et il regrette cette putain de nuit blanche où il a encore cogité en circuit fermé. Et il se demande si, penser tout ça – et plus encore l’écrire – ce n’est pas un peu… RIDICULE !

 

Enfin, le plus triste est certainement à venir. BOULET ! BOULET ! BOULET !

 

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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 15:52

TINTINTINTIN !!! [grand renfort de trompettes] [trompettes de la renommée, bien sûr...]

Et voici, lecteur de mon coeur, devant tes yeux émerveillés, la publication officielle du dernier chef-d'oeuvre de ton serviteur !

Vois cette belle couverture ! En cliquant dessus, tu pourras directement le commander ! Elle est pas belle la vie ? Et, en plus, tu pourras acquérir tous ceux de mes précédents bouquins qui ne trônent pas encore dans ta bibliothèque (y compris les navets !) Profite-z-en : les prix ont baissé de 15 à 33% ! (merci les variations monétaires entre l'euro et le dollar !!!)

Coversaleya

Aller, un bon bouquin sympa avec plein de belles filles, de l'amour, des disputes, des accidents de la route, des mariages, des réfugiés albanais et tutti quanti, pour finir l'hiver, quoi de mieux ?

Bonne lecture !

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Les explorateurs

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