Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 15:05
 
 

"Il faut faire de sa vie un rêve et d’un rêve une réalité."
(Antoine de Saint-Exupéry)


Une grosse enveloppe dans la boîte aux lettres. Elle porte le logo des Editions Amalthée, auxquelles j’ai envoyé il y a quelques temps un de mes manuscrits. Je pense : voilà la lettre de refus, ils sont sympas, ils me renvoient mon exemplaire. 

Oui mais non. Ils me disent qu’ils veulent le publier… Je relis pour être sûr. Le courrier est accompagné de deux exemplaires du projet de contrat.

Pour la publication, il faut que je participe financièrement. Au regard des conditions de rémunération proposées, il faudra en vendre près de 1 000 pour commencer à gagner du pognon. Si j’en vends 150, ce sera déjà immense. En fait, juste la publication transforme mon rêve en réalité… Et ça, ça n'a pas de prix !

Je vais faire mes comptes, je vais appeler le gars, puis je vais renvoyer ce contrat… Je le sais déjà...

Un vrai livre, avec dépôt légal, code barre, ISBN et tout le tuttim...
Un vrai éditeur...
Et je serai... un vrai auteur !
 
Je vous dis pas : je suis méga heureux !

 
nti_bug_fck
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 11:35

Je vous ai écrit hier soir un joli texte tout rose…
 
 
Un joli texte qui n’aurait jamais pu exister ne serait-ce que la semaine dernière. Moi-même, je suis dans un état d’esprit impensable il y a seulement quelques jours. Je m’en rends compte à quelques détails, des attitudes, une volonté nouvelle d’être beau, dégraissé, en forme. C’est simple, hier, j’ai fait une soirée sans télé, avec que du Perrier au programme ! C’est simple, hier, j’ai eu envie d’écrire, tout en sachant que ça allait être difficile.
 
 
Je retrouve des sensations enfouies, des rêves que je croyais cassés. En fait, je crois que j’avais renoncé. Une histoire très belle mais trop compliquée il y a quelques mois avait fini de me décourager : c’était trop compliqué, je n’avais plus la force, plus la volonté. Plus la flamme.
 

J’avais accepté l’idée de rester et de vieillir seul. J’en étais arrivé là, en ce mois de décembre où j’ai peu dormi, beaucoup travaillé et trop bu. Et il y a quelques jours encore, je disais encore à mes neveux – sur le ton de la plaisanterie, mais comme on dit : il n’y a pas de bouse sans vaches – qu’il faudrait qu’ils s’occupent de moi quand je serai vieux, qu’ils viennent me voir le samedi dans mon hospice, avant l’heure de Derrick si possible, on tient à ses habitudes quand on est sénile…

J’avais renoncé, les amis. Le « où va Raoul ? » que je vous ai proposé il y a quelques jours en est le dernier témoin. Je pensais que je ne pourrais plus m’accomplir que dans l’écriture, que la poésie et peut-être la politique (= le contraire de la poésie, même teintée d’orange !) seraient mes derniers horizons. Que je ne pourrais plus servir à rien qu’à travers mon métier et ma contribution modeste au sauvetage de la planète. J’avais renoncé à ma part de bonheur. Je me laissais grossir sans réagir. Pire, je m’en vantais : « no sport, but on TV ! » ai-je clamé plusieurs fois à Noël. Au terme d’une descente de plusieurs mois, faites de hauts et de bas, de quelques envies et de beaucoup de renoncements, j’avais cessé de creuser : j’avais atteint la Chine méridionale.


Et puis, voilà que la vie a du ressort. J’étais en vacances. J’ai appelé cet ami et je suis allé déjeuner là-bas, à Ivry. Vous connaissez la suite. J’ignore tout de ce qui se passera – ou ne se passera pas. J’ignore si cette histoire existera, si tout simplement cette jeune femme n’est pas déjà en couple, si ce que j’ai perçu comme des signes ne sont pas que le fruit de mon imagination, si 700 kilomètres ne seront pas une nouvelle fois un obstacle infranchissable, si…

J'ignore si cette rencontre donnera quelque chose.

 
On en saura plus dans 10 jours.
 
 

Pour aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs : Elle m’a réveillé.

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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 22:54
Attention, gentil peuple blogosphérien, voici un article passionnant, que même la lecture des Macchabées à côté, c'est du Agatha Christie !

Ce soir, Raoul a été au supermarché, remplir son frigo et son congélo de bonnes choses, saines et équilibrées, histoire de bien commencer sa résolution d'abandonner 4 kilos à bon entendeur salut. Et puis, y'avait des promos sur les oreillers, alors Raoul, qui dort sur un vieil oreiller tout pourri et tout  acarianisé, il a acheté un traversin et deux oreillers [on sait jamais, desfois qu'il devienne bicéphale... (hihihihi !!!)]. Et pis il est rentré chez lui, a rangé les provisions, changé l'ampoule du salon (avec une ampoule verte, basse consommation, il pense aux générations, Raoul !) [non, je te fais pas la morale] {oui, je serais super heureux si toi aussi, tu utilisais des ampoules vertes...} et regardé les infos de Pujadas, l'homme au heaume capillaire.

Voilà qu'ensuite, Raoul, il a dîné, oeufs et salade (je t'avais prévenu que cet article allait être top moumoute, épouse-moi Helmut !), yaourt, une pomme. Ensuite, il a commencé un film, mais, comme il était tôt, il a décidé d'écrire. Et hop, deux pages de plus d'écrites pour le roman ! Le problème, c'est qu'après il a calé. Raoul, il écrit jamais le soir, il est pas dans le trip à ce moment-là de la journée, surtout qu'aujourd'hui [comme hier et comme avant-hier] il a beaucoup pensé à autre chose. Alors, il s'est souvenu qu'il avait acheté des oreillers et il est allé changer ses draps. Retirer la couette sortante, c'est fado, mais remettre la nouvelle tout seul, bonjour la galère ! Enfin, voilà, il a un lit tout propre qui l'attend, avec un oreiller tout neuf ! [ouais, il en a mis qu'un d'oreiller, parce que la deuxième tête ne devrait pas pousser tout de suite]
Entre temps, il a surfé un peu, trouvé la fiche de sa Diane enchanteresse sur Copains d'avant (ouais, elle s'appelle pas Diane, mais la déesse oui, alors, pour le jeu de mot, j'ai mis Diane) (NPPT : arrêter de prendre les lecteurs pour une blonde), battu Microsoft aux échecs, mais en trichant un peu quand même, bu du Perrier (si, si ! sans whisky dedans, je te jure !). Et voilà, Raoul t'écrit.

Demain et mercredi, c'est déplacements pour l'école. Jeudi, il aura repassage. Samedi, lessive et peut-être aspi. Dimanche, il se pourrait qu'il lave la baignoire. et le sol dans les toilettes et la cuisine. Bref, tu vois, quand tu ne sais pas ce qu'il fait Raoul, c'est simple, il fée du logis...

Tiens, en parlant de fée...
Euh... Non, rien...
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Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /Jan /2008 23:06
L'autre jour, en partant en vacances, j'ai emmené pour lire dans le train un livre intitulé : "Homère, Iliade" écrit par un écrivain et musicologue italien : Alessandro Baricco. Il s'agit d'un reformatage de l'oeuvre homérique, destiné à l'origine à être lu publiquement. Concrètement, l'auteur est partie d'une traduction non versifiée, a supprimé toutes les répétitions - nombreuses dans le texte, a supprimé toutes les apparitions des dieux - pour replacer l'homme au coeur du récit et a à peine ajouté deux trois paragraphes. Il a également pris dans l'Odyssée le récit de la chute de Troie, absent de l'Iliade (si, si), laquelle s'arrête après les funérailles d'Hector.

Soyons clair : de prime abord, l'Iliade est une apologie de la guerre. Les combats sont décrits avec une précision chirurgicale et une débauche de détails, à la limite de l'écoeurement. Les noms de tous les guerriers sont cités systématiquement, qu'ils soient vainqueurs de leurs duels ou tout simplement tués, comme s'il avait fallu avant tout dresser une sorte de mémorial de la guerre et de ceux qui la firent.

Apologie de la guerre, "monument à la guerre", dit Alessandro Baricco. Et pourtant, voici ce qu'il découvre en étudiant et réétudiant son texte  :

"Une des choses surprenantes de l'Iliade, c'est la force, la compassion, même, avec laquelle sont rapportées les raisons des vaincus. L'histoire y est écrite par les vainqueurs, et pourtant, dans la mémoire, restent aussi, et peut-être surtout, les figures humaines des Troyens. [...] Cette capacité, surnaturelle, d'être la voix de l'humanité toute entière et pas seulement sa propre voix, je l'ai retrouvée en travaillant au texte et en découvrant comment les Grecs ont transmis, dans l'Iliade, entre les lignes d'un monument à la guerre, la mémoire d'un amour obstiné pour la paix. Au premier regard, tu ne le vois pas, l'éclat des armes et des héros t'aveugle. Mais dans la pénombre de la réflexion apparaît une Iliade à laquelle tu ne t'attendais pas. Je veux dire : le côté féminin de l'Iliade. Ce sont souvent les femmes qui énoncent, de façon directe, le désir de paix. Reléguées en marge du combat, elles incarnent l'hypothèse obstinée et quasi clandestine d'une civilisation autre, libérée des devoirs de la guerre. Elles sont convaincues qu'on pourrait vivre autrement et elles le disent."

Alessandro Baricco continue sa réflexion autour d'Achille, le plus cruel et redoutable des héros guerriers, le plus dur, lui qui était fait pour la guerre et dont la vie n'avait de sens que par la guerre. La guerre, celle qui se donne en spectacle. Achille combat peu dans l'Iliade, sa brouille avec Agamemnon le retient à l'écart de l'armée. Le seul combat d'Achille, c'est celui contre Hector, c'est l'opposition des deux champions, c'est la guerre poussée à son paroxysme, là où les hommes ne sont plus tout à fait des hommes. "Les lions ne pactisent pas", dit Achille pour justifier qu'il ne respectera pas la dépouille de son adversaire quand il l'aura tué.
Et Alessandro continue, il cite une phrase du texte d'Homère, une phrase prononcée par Achille, une phrase où cet être guerrier et cruel plaide la supériorité de la vie sur la guerre.  Dans la bouche d'Achille, une telle ode à la paix prend une autorité particulière...

Et voici ce qu'en dit alors Alessandro Baricco :
"Par cette voix - qui, ensevelie sous un monument à la guerre, dit adieu à la guerre et choisit la vie - l'Iliade laisse entrevoir une civilisation dont les Grecs ne furent pas capables, dont ils avaient eu pourtant l'intuition, et qu'ils connaissaient, et conservaient dans un recoin secret et bien gardé de leur sensibilité. Amener cette intuition à se réaliser, c'est peut-être ce qui nous est proposé par l'Iliade en héritage, comme une tâche, un devoir."

Se pose alors la question de savoir comment nous, hommes du XXI° siècle, nous pouvons réaliser ce rêve homérien, ce rêve grec, ce rêve universel. Notre histoire récente (disons un siècle) ne nous donne pas en la matière une grosse crédibilité... Alessandro Baricco trouve là encore dans le texte même de l'Iliade, un début de réponse : la guerre fascine et emporte tous les hommes, y compris ceux assoiffés de paix et amoureux de la vie, parce qu'elle dégage une beauté que rien d'autre n'égale. L'Iliade ne chante pas que la guerre : elle en chante la beauté. Beauté noire, certes, mais beauté captivante, attirante, irrésistible. Et ce n'est pas pour rien que la fin de la guerre, le coup du cheval et la chute de Troie ne sont pas contés dans l'Iliade : ils ne participent pas de cette beauté : c'est un vulgaire hold-up, une grugerie, une ruse de cambrioleur. Les héros ne s'y combattent pas à la loyale, sous le soleil, en plein jour, au vu et au su de tous, hommes et Dieux. Une beauté donc. Et là se trouve la solution : on ne gagnera pas la paix en niant la beauté de la guerre. Au contraire, explique Alessandro, on ne fera reculer la guerre qu'en proposant au monde une beauté autre, supérieure à celle de la guerre.

Alessandro conclut ainsi son commentaire de l'Iliade :
"Une réelle, prophétique et courageuse ambition pour la paix, je ne la vois que dans le travail patient et caché de millions d'artisans qui travaillent quotidiennement à faire naître une autre beauté, et la clarté de lumières, limpides, qui ne tuent pas. C'est une entreprise utopique, qui suppose une confiance vertigineuse dans l'homme. Mais je me demande si nous sommes jamais allés aussi loin que nous le faisons aujourd'hui, sur un tel chemin. Et c'est pourquoi je crois que personne, dorénavant, ne pourra plus barrer ce chemin, ou en inverser le sens. Nous réussirons, un jour ou l'autre, à enlever Achille à cette guerre meurtrière. Et ce ne seront pas la peur ou l'horreur qui le ramèneront chez lui. Ce sera une certaine beauté, une beauté différente, plus aveuglante que la sienne, et infiniment plus douce."

A titre personnel, je pressentais depuis quelques temps que la guerre de Troie mettait en jeu tout un modèle de civilisation. Une vision holliwoodisée - mais aussi le texte de Giraudoux - m'avaient laissé penser que la guerre de Troie opposait deux modèles, celui d'une civilisation poétique (brassant l'amour, la liberté, la fidélité, l'enfance...) incarnée par Troie à une civilisation de la raison déshumanisée et du rapport de force, les Grecs, celle-ci l'ayant emporté et constituant encore ce nos jours le paradigme de notre monde. La folie terroriste, l'avidité du profit immédiat, la mondialisation, le refus de certains très grands pays de s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique, tout ça semblait me donner raison. Le combat entre les deux destinées humaines avait eu lieu et les tenants d'une vision poétique des choses avait perdu. Mais voilà que je me trompais. Les vainqueurs, les rationnels, les Grecs, même Agamemnon, le plus avide d'entre eux, même Achille, le moins humain d'entre eux, même eux nous ont transmis le message de paix et la recette pour réaliser ce que eux, d'Achille à Alexandre le Grand, n'ont jamais réussi à bâtir, pas plus que leurs successeurs jusqu'à nos jours : un monde fondé sur la beauté de la paix et de l'amour. Cette recette, je l'appelle la poésie.

Les Grecs vainqueurs à Troie nous le demandent : proposons une nouvelle beauté au monde. Je me sens enfin une place, en tant que poète, en tant que défenseur de cette vision poétique du monde, celle-là même qui guide mes écrits et mes actes, comme chef d'entreprise ou comme citoyen : participer à l'éclosion de cette beauté.

J'ai écrit il y a peu - avec un peu d'insolence - qu'il existait quatre voies pour lutter contre l'usure du monde : la politique, la polémique, la poétique et, paraît-il, Polytechnique. J'ajoutais que pour ma part, j'avais choisi la poésie. Je le confirme ce soir. Et j'en remercie Alessandro Baricco.


Source : Alessandro Baricco : Homère, l'Iliade -
© Alessandro Baricco, 2004 - © Editions Albin Michel, 2006, pour la traduction française.
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Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 00:24
Vendredi 4 janvier, 14 heures et quelques.
 

La scène se passe à Ivry-sur-Seine, nous sortons d’un restaurant. Je suis en vacances, je suis venu déjeuner avec mes anciens collègues. Nous sommes dix, des amis, mais aussi des nouvelles recrues que je ne connais pas – ou à peine. Comme j’ai le temps, j’ai décidé de retourner au bureau avec eux, de rester un peu avec eux. Il y a des amis dans ce groupe, des gens auxquels je tiens, mon ami JC qui m’est particulièrement cher.

 

Nous marchons dans cette rue que je connais trop bien. L’immeuble de bureaux, celui-là que j’ai fui il y a deux ans et demi, apparaît comme point d’orgue du décor. Nous sommes dix et nous nous sommes répandus le long du trottoir.

 

Je ferme la marche avec elle. Elle, une des recrues dont je fais vraiment la connaissance en ces minutes. Nous échangeons quelques paroles. Ma vie à Agen, qui est une petite ville. Sa vie à Paris, qui est une grande ville. Elle me dit d’où elle vient, nous sommes tous les deux et nous faisons simplement connaissance.

 

Quelque chose commence en moi. Un truc que j’avais oublié. Je ne veux pas que nous arrivions, je veux que cette rue sans intérêt n’ait pas de fin, je veux que ce côte-à-côte originel n’ait pas de fin, pas d’interruption, pas de rupture. Je veux rester tout le temps avec cette jeune femme et, passant toute l’après-midi sur place, au milieu de ces gens qui m’aiment – ils me le témoignent – qui me disent que je ne viens pas assez souvent, au milieu d’eux, je pense à elle, je cherche un moyen d’aller dans son bureau, m’y asseoir et parler. Son voisin de bureau est un ami, ô le bel alibi ! Je suis là, nous parlons. Elle s’intéresse, elle me questionne, elle participe à notre échange. Je crois qu’elle participe à ce jeu que j’essaie d’initier. Je leur livre un secret, un morceau de mon jardin. Lulu.

 
Quelque chose se passe, je veux le croire.
 
En moi quelque chose se passe.
 
 

Je la revois dans dix jours, à un séminaire, tant mieux. D’ici là, je sais que, chaque fois que je fermerai les yeux, je verrai son visage et son sourire et ses yeux pâles.

 
 

En d’autre temps, j’ai beaucoup pris le train, chaque week-end, pour faire l’aller-retour. J’ai envie de reprendre ces voyages. J’ai envie de revenir le vendredi, vers elle, pour elle, pour nous. J’ai envie de croire que je ne rêve pas. Que ce "quelque chose" deviendra une belle histoire. J’ai envie de descendre de la rame, sous le béton de la Gare Montparnasse, de remonter le quai en souriant, de l’entrevoir, là, à l’entrée de la voie, me cherchant du regard dans le flux des migrants hebdomadaires. Puis nous nous apercevons, nos visages deviennent sourire et lumière et bonheur. Nous accélérons le pas, nous sommes l’un devant l’autre, mon sac choit sur le sol. Mes bras s’ouvrent.

 
 
Et tout l’amour du monde vient s’y lover.
 
 

 
 
Samedi 5 janvier. 7 heures du mat’ moins quelques brouettes.
 

Réveillé. Pourtant, on s’est couché tard, on a maté un film. Je suis toujours en vacances, dans la petite famille. Mais réveillé. C’est tôt, très tôt, trop tôt.

 

Un peu d’eau pour se rafraîchir et hop, au dodo Raoul !

 

Que pouic. Je n’arrive pas à me rendormir. Je me tourne et je me retourne et le sommeil s’éloigne chaque instant un peu plus. C’est impossible de se rendormir quand votre tête est pleine de quelqu’un. Ça aussi, j’avais oublié : ne pas dormir parce que l’idée de l’autre vous en empêche. J’imagine mille fois les retrouvailles, les premiers moments ensemble, à ce séminaire ou ailleurs. J’imagine mille suites, mille retrouvailles, mille moments complices. Elle est là, avec ses beaux yeux pâles et son sourire si fin. Elle est là, elle occupe tout l’écran.

 

Je sais que je ne dormirai plus. Je m’en veux un peu de ne pas avoir trouvé le moyen de laisser un jalon, un moyen de se parler ou de communiquer d’ici à ce foutu séminaire. Ils vont me paraître interminables ces dix jours !

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Les explorateurs

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