Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 19:39

Parfois, ces derniers temps, je me demande si ma vie n'est pas un peu trop compliquée. Si je n'ai pas surestimé mes forces, ou plutôt ma capacité à effectuer de multiples et dangereux grands écarts. Ou, comme dit l'adage, voulant trop bien faire : le mieux s'avèrerait l'ennemi du bien.

Bien sûr, les choix étaient les bons. Oui, il fallait quitter Agen pour venir ici, creuser un nouveau sillon. Oui il fallait accepter la difficulté de travailler à distance, avec l'incidence que ça a sur le contenu du travail, sur le budget (le train), sur la fatigue (toujours le train), etc. Oui, il fallait aussi - même ça il le fallait ! - accepter la pige à temps partiel que m'a proposée mon ex-employeur / actionnaire minoritaire / partenaire principal, pour renflouer les caisses.
Oui, les choix étaient les bons, il fallait les faire.

N'empêche, ça rame pas mal. Tout ne se passe pas comme prévu et, au niveau des humeurs et des espoirs de lendemains assainis, c'est remaniement tous les jours sur le plan du boulot !

Ahlala !... J'te jure...

Mon but ici ce soir n'est pas de t'asséner la liste des difficultés - saisonnières et autres - que j'enregistre ces derniers temps ni mes inépuisables états d'âme, en mode "mais aussi qu'allait-il faire dans cette galère ?" Non, j'essaye au contraire de faire le dos rond, c'est la seule méthode qui vaille. Peut-être n'est-ce pas celle qui prépare le mieux l'avenir, n'empêche... Elle permet de ne pas se crisper sur l'instant, de ne pas se pourrir chaque jour de chaque semaine, de ne pas blanchir chaque nuit. Bref de vivre, en faisant - une nouvelle fois ?  - l'apprentissage de la hiérarchie des valeurs. Où est l'essentiel dans ma vie aujourd'hui ? Pour ma part, je le sais avec certitude et aucune des difficultés que mon univers professionnel me réserve ces jours-ci ne vient amoindrir et encore moins remettre en cause cet essentiel.

Car, comme le dit l'écrivain : "Nos vies se débattent, crient dans la nuit, hurlent et tremblent de peur. Infiniment nous cherchons un abri. Un lieu où le vent siffle moins fort. Un endroit où aller. Et cet abri est un visage, et ce visage nous suffit." (1)

 

 

(1) Olivier Adam : Falaises, Editions de l'Olivier, septembre 2005

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 10:42

Deux cafés n'y font rien : j'ai sommeil. Ce n'est que le matin mais je sens déjà la fatigue imposer son joug. La faute à ces connards de voisins qui organisent des fêtes tous les 15 jours jusqu'à pas d'heure avec les fenêtres ouvertes, la musique de dégénéré à fond les manettes et les cris des morues avinées-prêtes-à-consommées. Résultat : impossible de dormir entre 3 et 4 heures du mat'... Si on vivait à l'époque de Mad Max (et si j'étais un peu plus baraqué qu'un sandwich SNCF), ça se serait réglé à la mitrailleuse lourde. Oui mais voilà : on vit dans une société civilisée, avec des modes de gestion des conflits polissés et administrés par la force publique et non le chacun pour soi. Tant mieux bien sûr, et tant pis pour ce jour férié lymphatique et ces voisins impolis qui roupillent tranquillou bilou à quelques dizaines de mètres d'ici.

Raoul en mode férié peine à oublier les soucis de la semaine, le boulot, les clients qui, eux aussi, ont de la chance que ce ne soit pas Mad Max, le loyer, l'URSSAF, etc. Raoul en mode repos ne se repose que d'un oeil. Raoul en mode détente reste toujours un brin tendu. C'est comme ça, ce n'est pas grave parce que, finalement, quand on regarde de près, les choses fonctionnement à peu près comme elles devraient : j'ai du travail, un logement, une blonde, des projets de retour dans le Sud. Ajoute à cela  pour confirmer que tout est normal que la France ne supporte toujours pas la moindre réforme et que quelques emmerdeurs usuels prétendent parler en mon nom et faire chier tout le monde pour préserver le petit confort d'une génération qui a renvoyé à d'autres le soin de financer la protection sociale généreuse, les services publics performants et la retraite à 60 piges dont ils auront, au final, bénéficiés sans trop se soucier de ce qui nous restera quand on aura épongé l'ardoise... On commence à parler de conflit intergénérationnel, attention, ce ne sont peut-être pas que des mots ! Et cette guerre se joue au sein de la population active actuelle : entre les quinquas qui tentent de faire durer ce système ++ encore un peu pour en bénéficier et les suivants, ceux du creux de la pyramide des âges de ce pays, qui payent et paieront encore plus pour espérer bénéficier à leur tour d'un système pas trop détérioré. Les jeunes derrière se lamentent, ils ont grandi avec l'idée que le travail est une aliénation, les patrons des salopards et que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue (merci le capitalisme financier et merci aussi Besancenot pour cette contribution historique à la formation de notre jeunesse...). Ils oublient que, en dernier ressort, c'est eux qui hériteront et de la dette et des ruines du système social. Parce que nous, que ce soit bien compris par tout le monde, nous ne payerons pas éternellement pour tous les autres. Un jour, on retirera nos billes et on jouera solo. Alors, ce que ce pays a su créer de meilleur, peut-être dans toute son histoire, aura vécu.

A l'arrivée, je me dis que ces enfoirés de voisins ne m'ont pas seulement pourri ma nuit : ils m'ont aussi plombé le moral. Heureusement, il fait beau, ma blonde vient de gagner son jeu de cartes (Bravo la Blonde !) et cet après-midi, on ira se balader dans un de ces parcs hérités du Grand Siècle...

Et moi, je viens d'écrire un papier sur ce blog !

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 16:04

C'est une brune (Monica), une rousse (Kelly) et une blonde (Scarlet) qui meurent le même jour, c'est triste. Et voilà qu'elles arrivent devant Saint-Pierre á l'entrée du paradis.
Le truc, c'est que là-haut, conseillé par un geek, l'archange Rodolphe, ils expérimentent un nouveau système de tri entre les défunts qui méritent d'aller au paradis et ceux pour qui c'est direct chez Lucifer : le miroir de la vérité ! (tintintin, musique de la mort qui tue !)
Le principe, c'est que la défunte doit se mettre devant le miroir et dire ce qu'elle pense. Si elle dit vrai, elle va au paradis siroter des cocktails avec le vrai Georges Clooney (celui qui s'est ramassé un piano sur la gueule, pas le sosie qu'ils ont mis à la place depuis). Par contre, si elle ment, elle est aspirée par le miroir dans un grand "ssslluuuipp !" et plongée dans la géhenne.

La brune commence. Monica se plante devant le miroir et dit : "je pense que je suis la femme la plus intelligente du monde !" Et là, "ssslluuuipp !", elle est aspirée et jetée en enfer...

La rousse se présente alors et lance face au miroir : "je pense que je suis la femme la plus sexy du monde !" Pauvre Kelly ! "ssslluuuipp !" fait le miroir qui l'aspire dans l'instant et la livre aux démons des bas-fonds...

Reste la blonde. Scarlet s'approche timidement du miroir, tourne sept fois sa langue dans sa bouche et murmure plus qu'elle ne clame : "je pense..." et "ssslluuuipp !" fait le miroir...

(voilà, ça c'est fait...)

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 19:58

 

OUAIS BON, JE SAIS !!!

(patience, tout viendra à point) (tôt ou tard)

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 11:22

L'âge aidant, les gens sont censés devenir sages et vénérables. Et, parce qu'ils sont sages et vénérables, les jeunes leur accordent un respect et une attention immenses. Ce que je raconte là est vieux comme le monde et constitue un des mécanismes de base de très nombreuses sociétés. Si tu te souviens du film "La charge héroïque", c'est avec le vieux chef un rien sénilisant mais très vénérable que John Wayne, lui-même interprétant un vieil officier à quelques jours de la retraite et extrêmement respecté par tous, tente de discuter pour éviter la guerre. Autre exemple : dans la Bible, on nous raconte que c'est à des vieux que Yahvé a confié la conduite du peuple pour réaliser son grand dessein. Ainsi, Abraham, Isaac et leurs successeurs ont tous  cent ans et plus à l'époque de leurs exploits ! Pourquoi une telle fadaise dans le récit, sinon pourt accroître le prestige de ces hommes auprès des croyants qui, des siècles et des siècles plus tard, lisent ces récits ? Et dans la guerre de Troie, le "vieux" Priam est respecté par tous et c'est au titre de ce prestige d'ancêtre vénérable qu'il obtient qu'Achille restitue la dépouille d'Hector, afin que celui-ci reçoive les rites funéraires et que son âme ne soit pas condamnée à errer sans fin. Je pourrai t'en citer des tonnes d'exemples de ce type (y'a le Père Fouras aussi...), mais là n'est pas mon propos.

Non, mon papier porte sur ce respect dû aux séniors qui, a priori le méritent largement, dans notre société, eux qui ont bossé pour mériter leur retraite voire, pour les plus anciens, ont connu les souffrances de la guerre et de l'occupation. Et, sans être un rebelle invétéré, je peux relever dans le discours public ambiant à destination des séniors (base électoral de la droite française, ne l'oublions pas) tout un tas de mentions sur le thème "ces jeunes, ils ne sont plus éduqués", "de notre temps, on savait se tenir", etc. quand ce n'est pas le président lui-même qui emploie le terme "racaille" pour complaire à la petite dame de la cité d'Argenteuil...

Présentation1 Et donc, pétri de ma bonne éducation et du sens du respect que l'on doit à nos aînés, voilà que j'ai l'habitude, dans la rue, le métro ou ailleurs, de me pousser quand c'est nécessaire, pour laisser passer les personnes vénérables. note que je le fais aussi pour les mères de famille,  les femmes enceintes, les femmes pas enceintes aussi, et les jolies filles naturellement, recevoir leur sourire en remerciement est tellement plaisant ! Et c'est ainsi qu'hier, rue du Bac, dans le VII° arrondissement de Paris, à la hauteur d'un échafaudage, je m'écarte pour laisser passer un couple de vénérables séniors. La dame, très bien sur elle tu l'imagines (on n'est pas à Ploucland là !), passe, sans un regard, ni un mot, ni un sourire. Puis l'homme passe, sans un regard, ni un mot, ni un sourire. Et je me demande qui, du sénior ou du jeune, est le plus mal élevé dans cette société ! Je n'ai pas pu m'empêcher de lancer bien haut un "mais je vous en prie, c'est un plaisir !", parce que, moi Raoul le-bon-fils-de-bonne-famille, je suis pas un goujat !

Cet exemple n'est hélas pas isolé. Des scènes comme ça, j'en voie mille par mois. Dans le TGV, qui gueule dans son portable sans bouger son cul de son fauteuil pour aller téléphoner sur la plateforme ? Pas des jeunes le plus souvent ! Dans le métro, qui monte en jouant des coudes pour choper une place sans même laisser descendre ? Pas toujours des jeunes, loin de là ! Dans les restaurants, qui se montre le plus désagréable et suffisant avec le personnel ? Les jeunes ? Mon c.. oui ! Les vieux, qui râlent, grinchent, pestent, et gueulent à qui se trouve là par hasard que "ça devient vraiment un pays sous-développé la France" ! pas tous les vieux non. Il y a toujours plein de papis et de mamies adorables, souriants, aimables, reconnaissants d'un rien, ils sont même l'immense majorité. Et c'est pour ça que je continue à tenir les portes et à m'écarter pour céder le passage. Mais, avant de lancer des anathèmes sur les jeunes - et en particulier sur ceux à qui la vie a le moins donné au départ (tu sais, ces "racailles" par exemple ?) - on devrait peut-être rappeler aux séniors suffisants et imbus de leur statut, qu'être respecté, voire vénérés, n'est pas un dû ! Pas plus pour eux que pour quiconque. Et que murmurer un "merci" au jeune homme qui t'a cédé le passage, çe ne mange pas de pain, ça fait plaisir et, oui aussi et surtout : ça donne le bon exemple !

Non mais sans blague !

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Les explorateurs

Locations of visitors to this page
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés