Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 10:43
... mais il n'est jamais arrivé.

Le récit de ce week-end est un peu ubuesque. A côté du désastre causé par la tempête dans notre région, mon histoire prête même à rire. Je n'oublie pas qu'il y a eu des morts, des destructions et que beaucoup de gens se trouvent dans la peine et la difficulté. Je pense à eux d'abord et, franchement, mesure combien mon épopée ferroviaire de samedi est peu de chose.

Mais je te la raconte quand même. Pour que tu souries aussi en ce lundi matin.

Finalement oui, le TER pour Limoges est parti d'Agen, à l'heure prévue, avec l'assurance de la SNCF que la voie était dégagée et que le train passerait. J'en étais certain alors, j'allais y arriver à Paris ! Il avait bien avoir lieu ce week-end ! Pendant une demi-heure, tout s'est bien passé. Ah, joie et bonheur ! Qu'il est formidable d'aimer ! Chante la vie ! et tout le tintouin...

Puis le train s'est arrêté en gare de Monsempron-Libos et là, le monde s'est écroulé. On nous a annoncé que des arbres bloquaient la voie et que les équipes de nettoiement étaient à l'oeuvre. Bon, ça allait encore. Puis on a su que les équipes n'étaient pas là, parce qu'elles bossaient déjà sur d'autres lignes plus importantes... Aïe !
Puis, on a compris qu'elles étaient là... Bref, on a passé deux heures à Monsempron, à 50 kilomètres d'Agen. J'allais faire demi-tour - à contre-coeur - lorsque l'annonce du départ a été faite. Je suis resté à bord. Et le train a repris la route du Nord, traversant vaillament la campagne détrempée. Les gares ont défilé... pendant 50 bornes. A (acroche-toi : si, si, ça existe !) Le Buisson-de-Cadouin, au milieu du Périgord Noir, on s'est arrêté : la circulation des trains sur la ligne était suspendue par décision d'on ne sait qui à la SNCF. Un car allait venir nous chercher pour nous conduire à Périgueux où un autre train nous conduirait à Limoges. Enjoy the life ! Le car a mis tout son temps pour arriver. ON est arrivé à Périgueux à 17 heures, soit 6 heures après le départ d'Agen, pour 200 bornes en tout.
Dans le car, j'ai compris en écoutant les agents de la SNCF que le TER pour Limoges partirait de Périgueux à 18h40. Tu fais le calcul, l'arrivée à Paris ne se fera pas avant 23 heures... Trop tard pour choper la voiture, trop tard pour aller chez les amis...

J'ai maudit le ciel et la terre, j'ai maudit mon pays et j'ai annulé un à un tous les projets du week-end. Mon bel amour et les amis et la voiture chez Europcar...

J'ai maudit le ciel et la terre et j'ai maudit mon pays. J'ai maudit les 700 bornes qui nous séparent l'un de l'autre et cette dépendance
à tant d'éléments que nous avons pour pouvoir nous voir.

J'ai maudit le ciel et la terre et j'ai maudit ce pays qui n'est plus le mien et j'ai décidé qu'il n'y avait plus le choix, que rentrer à Paris devenait impératif et que la question désormais était de savoir comment le rendre possible.

J'ai maudit le ciel et la terre et j'ai maudit ce pays. Et je suis arrivé épuisé à Limoges, vers 20 heures. Ma soeurette est venue me chercher à la gare et elle m'a hébergé. Le dimanche, on est allé déjeuner chez les parents (pratique quand même que la famile soit justement à cet endroit !). Restait à rentrer. La circulation des trains n'avaient pas repris au sud d'une ligne Bordeaux-Brive. Autant dire que je n'atteindrais pas Agen comme ça. Alors, on a pris la voiture avec les parents et ceux-ci, gentiment, sont venus dîner à Agen ! Ils sont repartis ce matin, j'espère qu'ils auront fait bonne route...

Voilà. Je n'ai jamais atteint Paris et ma road story a été un monumental raté. Nous n'avons pas pu nous voir, ce qui laisse une vraie tristesse et une grande colère en moi.
J'ai maudit le ciel et la terre et j'ai décidé de rentrer à Paris. Ce sera en 2009, j'espère à l'été. Même si je ne sais pas encore comment le rendre possible, sans mettre mes collègues dans la difficulté, sans me mettre dans une situation économique difficile. Il reste bien des sujets à traiter ! Mais il faut se rendre à l'évidence : il n'y a plus le choix. La vie commande et je ne peux risquer de perdre ce qui est devenu l'essentiel.

Et, le week-end prochain, devine où je vais !!!

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