Samedi 11 avril 2009
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Là, si je te dis qu'il pleut, tu vas te foutre de moi, surtout si tu habites dans
l'Est... Alors je te le dis pas. (Mais ça n'empêche pas qu'il pleuve quand même...)
Je me dis qu'il existe sûrement un proverbe issu "de la sagesse populaire" qui raconte quelque chose sur quand il pleut à Pâques, du style "pluie à Pâques,
saint-Crétin en hamac" ou bien "Pâques mouillé, arnarque du banquier" (encore que "Pâques ensoleillé, arnaque du banquier" marche aussi...).
Bon, en fait, j'y pense et puis j'oublie. Parce qu'on s'en fout de la pluie. Après tout, j'ai la chance d'avoir un toit, une voiture et de ne pas avoir Berlu
pour premier ministre (rien à voir, ou presque, je sais
).
Ce qui compte, c'est que nous avons la preuve que le climat est détraqué : il pleut à Agen, il fait gris à Nice, alors que, selon mon gadget météo de Windows Vista
(marque déposé, tous droits, etc... y compris en URSS, tu connais la formule), il fait sec dans le Connemara et il fait beau en Hesse (et nuit à Nouméa) (ce dernier point est normal et n'a donc
rien à voir avec le c hangement climatique) (tous les jours, il fait nuit à Nouméa) (c'est parce qu'ils ont la tête en bas) (enfin, je crois...) 
Je sens que tu commences à te demander où je veux en venir. Saches que moi-même, je me le demande. Je voulais juste te laisser un petit mot avant de partir passer le week-end en famille, manger
l'agneau et refuser poliment un chocolat. Pour ta gouvernante, saches aussi que la question cruciale qui me taraude est de savoir si j"insère ou pas une photo dans cet article. Je pourrais mettre
une photo de moi pour que tu réalises à quel point je suis trop beau, j'ai trop la classe, un charme suédois, un corps d'athlète et un sourire envoûtant (et le sens de l'humour, donc tu peux
rire, je me vexerai pas) (c'est vrai que je n'ai rien de suédois...) Je pourrais aussi te proposer des autres photos ramenées d'Italie, mais je sais pas... Après, tu vas vouloir y aller toi aussi
et moi, je trouve que y'a déjà assez de touristes comme ça. 
Un sujet sérieux, le seul pour aujourd'hui : tout un lobbying pro-Benito se met en place, sur Internet (Facebook, blogs...), dans la presse, etc. Je ne veux pas juger ni revenir sur les
positions, déclarations, etc. papales. C'est ce mouvement de défense du pape qui m'intéresse. Ou plutôt m'interpelle. En effet, quel dommage qu'on en soit arrivé là ! Mais, derrière ces regrets,
il y a autre chose : une inquiétude. Ces manifestations de soutien sont issues de croyants dont le discours a tendance à se radicaliser. Ce qui est parti du sommet commence à irradier dans la
communauté et ce n'est pas encourageant : dans toute organisation humaine, la radicalisation des positions et la mise en avant rigoriste du dogme (de l'idéologie quand il s'agit d'organisations
politiques) a toujours conduit à des fractures, des ruptures et un resserrement durable des effectifs. C'est ce qui est en train de se passer sous nos yeux, en ce moment. Je suis allé lire les
éditos de certains groupes sur Facebook se revendiquant du catholicisme et de la défense du pape. j'ai ressenti cette radicalité et l'assurance - pour ne pas dire l'arrogance - avec laquelle ces
groupes défendent un ordre moral inflexible, prompt à la sentence et à la condamnation, sourd à la détresse et à la souffrance des hommes, très éloigné de la réalité du monde, très éloigné aussi
de la douceur des Béatitudes et de toute forme de compassion et de miséricorde. Personnellement, j'ai adhéré à un groupe facebook appelé "la petite fille de Recife", en référence à cette enfant
brésilienne excommuniée, avec sa mère et l'équipe médicale, pour avoir avorté de l'enfant issu d'un viol incestueux et pédophile. J'ai adhéré à ce groupe et je ne le regrette pas. Et je ne suis
pas sûr que, comme je l'ai toujours dfait jusque-là, j'irai à la messe de Pâques ce week-end...
Aller, je vais finir sur une touche plus légère ! Et après, je te mettrai des photos...
J'emprunte cette histoire à Marc Jolivet, il s'agit d'un rêve que j'ai fait le nuit dernière : c'est Tonton Raoul, Jean d'Ormesson et Philippe Sollers qui meurent le même jour. Ils se retrouvent
tous les trois dans le hall du Paradis, une vaste pièce vide, et déserte. Ils flippent un peu tous les trois et décident de rester ensemble, quoi qu'il arrive, au nom de la "solidarité des hommes
de lettres."
Soudain, un voix forte retentit dans la pièce : "Philippe Sollers ! Chambre 245 !" Sollers blêmit et il demande aux deux autres de l'accompagner, ce que Raoul et
d'Ormesson acceptent bien volontier, la solidarité etc. Ils arrivent devant la porte de la 245 qui s'ouvre dans un fracas assourdissant et un nuage de fumée âcre. Puis, l'intérieur de pièce
apparaît et, ô terreur ! on voit sur le lit une femme énorme, gluante, adipeuse, maquillée ultra-vulgairement, berk ! Et la voix s'élève à nouveau et dit : "Philippe Sollers, tu as beaucoup péché
pendant ta vie, tu as été arrogant et mégalo, voici ton châtiment éternel !" Et Philippe Sollers, comprenant qu'il ne peut échapper à son destin, entre dans la pièce dont la porte se referme
derrière lui...
Jean d'Ormesson et Tonton Raoul sont paniqués, ils restent hébétés par ce qu'ils viennent de voir, ils se jurent de ne pas se séparer, la grande confrérie des
auteurs et tout ça... Mais la voix retentit de nouveau : "Jean d'Ormesson, chambre 114 !" les deux hommes se rendent devant la pièce 114, morts de trouille tous les deux et, là, la lourde porte
s'ouvre dans un grincement atroce, démultipliant la chair de poule des deux hommes. Quand la fumée se dissipe, on aperçoit sur le lit un femme maigre, sale, poussiéreuse, puante, avec des chicots
à la place des dents, berk ! Elle est hideuse et repoussante. Mais la voix se fait entendre et dit : "Jean d'Ormesson, tu as beaucoup péché pendant ta vie, voici ton châtiment éternel !" Et le
grand écrivain, comprenant qu'il ne peut échapper à son destin, pénètre dans la chambre dont la porte se referme derrière lui...
Tonton Raoul reste là, seul, tremblant de terreur. Il se demande quel atroche châtiment l'attend, lui aussi... Et c'est alors que la voix résonne une nouvelle fois
sous les voûtes des couloirs du Paradis : "Tonton Raoul, chambre 716 !" Le coeur battant à toute vitesse, les mains tremblantes, Raoul rejoint la pièce 716, dont la lourde porte s'ouvre dans un
bruit infernal, dégageant de la fumée et de la poussière... Quand enfin, l'intérieur de la pièce apparaît, Raoul a une surprise incroyable : sur le lit est étendue voluptueusement Sophie Marceau,
belle, vêtue uniquement d'une nuisette charmante, bref, attirante et désirable ! Et là, la voix s'élève et clame : "Sophie Marceau, tu as beaucoup péché pendant ta vie : voici ton châtiment
éternel !" Et là, comprenant qu'il ne peut échapper à son destin, tu t'en doutes bien, Tonton Raoul pénètre dans la pièce dont la porte se referme derrière lui...
Et maintenant, les photos !
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Paroles d'explorateurs