Vendredi 16 octobre 2009
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Est-ce que tu te rends bien compte ? ... Sérieux, tu réalises, là ? ... Y'a pas un truc qui t'étonne ? Non ? Rien ? ... 
Est-ce que tu calcules pas que, sur ce blog, ton tonton préféré ne t'a TOUJOURS pas parlé du sommet de Copenhague en décembre ? Par saoulé avec l'enjeu climatissime
de ce sommet planétaire ? Même pas fait la promo du film de Nicolas (Hulot, pas le Petit) ? Tu réalises la chance que tu as eu d'avoir échappé à ça depuis des semaines et des semaines
?
HEIN ? DIS-MOI ? T'ES HEUREUX OU TU CACHES TA JOIE ?
Et bé, rassure-toi, ça va continuer encore un peu...
Et, pour compenser, je te raconte deux blagues politiquement incorrectes, à la limite du blâme moral et de la condamnation pénale pour apologie de la violence et du
machisme.
(Si, si, tu vas voir !).
AME SENSIBLE, RETOURNE SUR FACEBOOK ET ENVOIE BOULER CE POV'CON DE PAF LE CHIEN.
Première blague (très courte) : Tu dis quoi, toi, à une femme qui a les deux yeux au beurre noir ?
Réponse : rien, tu lui as déjà expliqué deux fois.1
Seconde blague (c'est une petite histoire) : un mouvement pour l'égalité des femmes et des hommes tient son
congrès mondial au Stade de France. 80 000 femmes de tous les pays, unies pour leurs droits bien légitimes, s'entassent dans les gradins. Elles sont remontées, bouillantes, prêtes à bouffer
du mec. Les leaders du mouvement se succèdent au micro avec des diatribes endiablées, des élans emphatiques, des métaphores bien senties qui font monter encore la température. Dans les
tribunes, les 80 000 déléguées crient, applaudissent, elles sont carrément chaudes maintenant.
Vient alors le temps des témoignages. des femmes qui ont combattu pour leurs droits vont venir participer à l'édification de l'oeuvre civilisatrice en racontant leur parcours. Ah ! Enfin du vécu, des récits de luttes, la castration du macho en action !
La première s'appelle Jenny, elle est anglaise. Elle raconte que son mari ne repasse pas ses chemises lui-même (huées dans les gradins) et qu'elle a
décidé de se rebeller (vivats dans les travées). Un jour, elle a dit à Bob (son mari) que, désormais, il repasserait lui-même ses chemises. "Le premier jour, raconte Jenny, il m'a collé une
gauche. (tu imagines la réaction des déléguées) Le deuxième jour, il m'a collé une droite. (les 80 000 sont à la limite de détruire le stade)" Jenny sourit : "Et le troisième jour, il a
repassé ses chemises !" Les 80 000 femmes applaudissent à tout rompre, elles dansent dans les tribunes, c'est si bon de triompher sur la barbarie masculine !
Vient le second témoin, elle s'appelle Roberta, elle vient de Napoli. Elle explique de Michele, son mari, ne se lève même pas lui-même pour aller chercher
ses bières au frais pendant le foot à la télé. Dans les gradins, les participantes redeviennent rouge de colère. Michele se fait vilipender pendant 10 bonnes minutes. "Un jour, poursuit
Roberta, je lui ai dit qu'il irait chercher lui-même ses bières dans le frigo. (Applaudissements des congressistes) Le premier jour, il m'a collé une gauche. (Huées, sifflets, jurons,
insultes en tous genres). Le deuxième jour, il m'a collé une droite." Les 80 000 auditrices espèrent un nouveau succès de la cause. "Alors ? Alors ?" clament-elles, au comble de l'excitation.
Et Roberta conclut son poignant témoignage : "Et le troisième jour, il est allé cherché sa bière lui-même." Tout le stade est debout, une ola démarre et parcourt au moins soixante-seize tours
avant de commencer à s'essoufler. Elles sont unanimes, les représentantes : bien fait pour Michele et tous ces salopards de machos !
Enfin s'approche du micro la troisième intervenante. Elle s'appelle Salima, elle est originaire du Blanc-Mesnil. Timidement, Salima explique que Mohammed,
son époux, ne fait rien à la maison, alors même qu'il est au chômage, touche le RMI et qu'elle, elle bosse dix heures par jour dans des bureaux où elle fait le ménage. "Il ne passe même pas
l'aspirateur", explique la pauvre femme. Ses consoeurs sont au bord de la révolte. "Un jour, raconte Salima, j'ai dit : maintenant, c'est toi qui passes l'aspirateur." Elle a l'air résolue
quand elle raconte ça, elle se détend, Salima, et les encouragements féroces en provenance des tribunes lui donnent de la confiance. "Le premier jour, il m'a collé une droite. (huées,
insultes, etc., tu connais la chanson) Le deuxième jour, il m'a collé une gauche." Les congressistes devinent la suite, elles sont déjà debout, prêtes à faire trembler toute la banlieue Nord
tellement l'histoire est belle ! "Et le troisième jour ? Et le troisième jour ?" beuglent-elles. "Et le troisième jour, finit Salima, il m'a remis une gauche." Un silence de mort s'installe
soudainement dans tout le Stade de France. "Mais... mais pourquoi ?" intervient, penaude, la présidente mondiale du mouvement. Et la réponse de Salima tombe, tel un couperet : "Essaie donc de
passer l'aspi sans rien renverser avec deux yeux au beurre noir..."
Voilà, je t'avais prévenu. Billy, évite de raconter ça au lycée, tu risques de te faire mal voir. Evite de le raconter tout court, reste sur les blondes, c'est moins dangereux. 
Pour les autres : le premier qui m'adresse des reproches pour ces histoires certes peu glorieuses - MAIS QUI NE SONT QUE DES HISTOIRES ! - je lui pourris sa boîte mail jusqu'en décembre avec
des messages des mouvements écolos pour Copenhague ! (Et toc !)
Tu l'auras bien compris, mon but en racontant ces histoires - machistes et même raciste pour la seconde - n'est pas d'être macho ou même raciste, ni même tellement de te faire
rire sourire pleurer, ni non plus de t'épargner, pour cette fois encore, un long plaidoyer écolo.
Mon but est autre : je revendique le droit d'écrire des horreurs. Si tu écoutes les discussions dans les médias, à la radio (où c'est plus facile qu'à la télé), beaucoup de gens - de droite
comme de gauche - commencent à dénoncer ce mouvement latent de notre société qui vise à limiter la liberté d'expression, le champ permis au rire, etc. bref, à codifier une morale publique que
je trouve franchement excessive et parfois même nocive. Une des dernières victimes de cela a été Frédéric Mitterrand - que je n'estime pas spécialement - mais que, sur ce coup-là, je
soutiens.
Alors voilà. Le jour où ce type d'article ne pourra plus être publié ici, ce blog disparaîtra.
1: cette blague est emprunté à Pierre Bénichou, hier sur Europe 1 dans l'émission de Laurent
Ruquier.
2
"Proverbe arabe (sans vouloir tomber dans le racisme): Quand tu rentres le soir chez toi, frappe ta femme, si tu ne sais pas pourquoi, elle elle le sait"
Mais je ne suis pas inquiet pour la liberté d'expression, tant qu'on peut insulter Frederic Levebre en toute tranquilité, c'est le principal !