Mardi 17 novembre 2009
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Le président de la République et son gouvernement essaient de nous faire croire que les chefs d'entreprises, notamment ces "petits patrons" de petites entreprises
(celles qui créent des emplois, tu sais ?) sont les héros modernes. Ils ont raison.
Parce que, pour être patron, il faut être fou. Surtout patron d'une petite entreprise. Surtout patron d'une entreprise avec un(des) salarié(s). Gérant d'une "TPE" (très petite entreprise), c'est
même suicidaire tellement c'est héroïque !
Parce que, contrairement à l'idée communément répandue, les patrons de TPE ne gagnent pas énormément. J'en connais un qui, même avant d'avoir dû baisser son salaire de 20% à cause de la crise,
gagnait déjà moins que 5 ans plus tôt, quand il était salarié... Et je te parle en valeur nominale, c'est-à-dire sans tenir compte de l'inflation !
Parce que, par un mystère inexplicable, un gérant de PME, même salarié (ce qui n'est possible que s'il est minoritaire au capital de l'entreprise, c'est-à-dire pas seul responsable), n'a pas
droit aux allocations chômage en cas de disparition de l'entreprise et donc de mise au chômage... Non, pour le patron, c'est direct le RSA ! Alléluia ! OK, le patron n'est pas un salarié comme
les autres. OK, le gérant ne cotise pas aux Assédic (même s'il le souhaite, il peut pas !). Mais quand même... Le seul moyen, c'est de cotiser à des régimes de protection spécifiques, ultra
chers, bien plus que les Assédic ! Quand tu es salarié de ton entreprise, que tu ne vis que des revenus de ton travail (parce que, dans une TPE, les dividendes, c'est pas tous les ans et pas très
lourd !), et bé, tant pis pour ta gueule, si ton entreprise coule (1 sur 2 dans les 5 premières années), tu vas direct au RSA. Merci d'avoir joué et pris des risques, investi tes économies !
Parce que, en France, les patrons sont tellement suspects d'être des salauds, que tu ne peux pas arrêter librement l'activité de ton entreprise. Par exemple si tu veux faire autre chose. Ou si
ton entreprise va mal et que tu veux arrêter avant de perdre ta mise de fond et de t'éviter de porter sur ton petit dos musclé la dette sociale accumulée avant le dépôt de bilan. En effet,
plusieurs patrons ont été poursuivis en justice pour avoir arrêté leur activité et, donc, mis leurs salariés au chômage. Motif : c'était un moyen de virer tout le monde sans payer le plan social
et sans avoir à le justifier. Peut-être est-ce vrai, surtout si ces gens ont recréé le lendemain une nouvelle entreprise. Mais la suspicion est présente... En France, tu es libre d'entreprendre,
pas de désentreprendre. La justice veille au grain. Oui, la suspicion, dis-je. J'en veux pour preuve qu'un gérant de SARL ne peut pas obtenir le tout nouveau statut d'auto-entrepreneur avant un
délai d'un an après la dissolution de sa SARL, car il serait alors suspect de vouloir juste payer moins de charges sociales ! Et peu importe que la nouvelle activité se passe sur un autre créneau
et à 700 km de là !
Parce que, en France, le droit social a été écrit pour des unités économiques de grande taille. Pas pour des TPE. La protection des salariés est quelque chose que je défendrais toujours bec et
ongles. Mais, je demande que la situation particulière des TPE puisse être prise en considération. Or, elle ne l'est pas. Une entreprise qui va mal a le droit de licencier. Elle ne peut pas faire
partir les femmes enceintes et ça lui coûte plus cher de licencier les travailleurs les plus âgés. Tout cela est bien. Mais quand tu n'as qu'un salarié, et que ce salarié est une femme - jeune
(héros moderne que tu es, tu as voulu donner l'emploi que tu as créé à une femme jeune, et oui...) - et enceinte... Et bé, tu crèves la gueule ouverte. Parce que, même si la salariée était
d'accord pour partir en conservant ses droits sociaux (ça s'appelle la rupture conventionnelle, c'est dans la loi), le plus probable est que l'inspecteur du travail va te tomber dessus dès qu'il
lira qu'elle est enceinte. Et en plus, en tant que gérant, tu pourras même être poursuivi pénalement ! Donc non, tu ne peux rien faire. Sur le
pont du Titanic, l'orchestre jouait... Et ainsi disparaîtra sans doute peut-être dans quelques semaines ou quelques mois ma petite
entreprise...
Parce que, en France, un gérant d'entreprise, même salarié, rame comme un malade pour obtenir le moindre crédit. J'ai essayé tout l'été de financer mon déménagement par un crédit. Tant que je dis
que je suis salarié et que j'indique mon salaire, tout va bien. Puis le gars de l'organisme voit le mot "gérant" sur le bulletin de paie. Alors, il t'appelle et te demande les comptes de
l'entreprise. Quand il les a, il constate que tu viens de sortir un excédent record, que ta SARL n'a aucune dette. Et il te refuse ton crédit. Gérant de PME = risque, danger !
Tout cela est injuste. A tout le moins dur à avaler. Je ne dis pas qu'il faut tenir la main des chefs d'entreprise. On sait ce qu'on fait quand on s'engage là-dedans et on accepte la part de
risque qui va avec. Mais si on pouvait, en France, sortir de l'idée de patron = salaud et, de ce fait, accepter que l'échec d'entreprises fasse partie de la vie économique d'un pays et que le
gérant peut aussi avoir droit à une forme de protection sociale ou, au moins, des mêmes possibilités que les autres de rebondir, par exemple grâce au statut d'auto-entrepreneur ! Parce que,
n'oublions pas, avec le système, le gérant de SARL qui se retrouve sans boulot, il n'a en général plus un rond d'économie mais bien souvent plutôt des dettes ! Va-t-en supporter un nouveau
démarrage d'activité, avec des charges sociales à payer dès le premier trimestre ! Et puis, il faudrait que la liberté d'entreprendre soit liée à celle d'arrêter.
Ce que je vais dire ici est terrible, mais c'est vrai : gérant de SARL, plus jamais !
Les lois du travail ont du bon, on n'est pas des sauvages, mais la situation que tu décris montre cruellement les limites du système de pensée qui met la lettre de la loi au-dessus de son esprit. Pour l'administration, la situation économique de ta société, sa pérennité, les perspectives de relance future ou pas ne sont qu'anecdotes dans un univers de réglementations. Pour la banque, c'est comme pour un propriétaire d'appartement: peu importent tes comptes, le mot magique c'est CDI. Pas de salaire, pas de crédit.
Il fallait être fonctionnaire!
Bon courage et à bientôt (je reviens en France).
je pense qu'il faudrait un regime pour les entreprises de moins de 10 salaries, ou un regime qui prennent en compte le salaire du gerant, s'il etait paye a 1500 euros par mois, par exemple, et qu'il arrete au bout de deux ans, on va pas dire qu'il a profite!
la protection sociale est aussi quelque chose qui m'intrigue. pourquoi celui qui se bat pour creer une activite et de l'emploi... n'a droit a rien si ca se casse la gueule.
ca pousse juste les gens a etre des salaries et a ne pas prendre de risque! c'est idiot, c'est comme ca pourtant que les entreprises qui survivent creent de l'emploi.
Espersons que ton appel soit entendu.
Web Design in China
Même la dissolution de la boîte coûte 375€. C'est pratique quand on veut la dissoudre à cause des problèmes de trésorerie...
Pour être patron de TPE en France, il faut vraiment être fou !
Bien heureux de tomber sur ce type de coup de gueule en faveur des TPE.
Je viens de subir une liquidation judiciaire, après trois ans de travail acharné dans le domaine de l'innovation. J'ai recruté un responsable commercial pour lancer mon produit sur le marché, mais accablé par de nombreux problèmes financiers (qui n'apparaissaient pas sur son CV) ce dernier a affaiblit la structure. Au bout d'un an sans le moindre chiffre d'affaire de sa part, j'ai du lancer une procédure de licenciement qui m'a forcément conduit au Prud'Hommes. Et là, vous dépensez des sommes astronomiques pour vous défendre... Ce monsieur a tout de même été condamné pour exécution déloyale de son contrat de travail, maigre consolation compte tenu du fait que la société n'a pas résisté à la situation.
La création d'entreprise ne pose aujourd'hui aucun problème. Mais développer nos TPE tiens du parcourt du combattant
Aujourd'hui, la seule porte à pousser lorsque l'on est entrepreneur en difficulté s'appelle "Tribunal" de Commerce. Changeons déjà effectivement notre système afin de favoriser le développement de nos entreprises et la prévention des difficultés. La faillite d'entreprise est elle même devenue un vrai business, un vrai pillage de l'ambition et du travail.
Arrêtons d'envoyer les ambitieux au casse pipe !
quand vous vous arretez de vous goinfrer dans les entreprises et de virer les gens comme de la merde et apres vous avoir bien gavé des aides de l'état vous venez pleurnicher qu'on aide pas les TPE ! c'est un peu fort.
les PME et les TPE en france c'est de la merde surtout quand on fait des choses aussi intélligentes que de recruter les gens sur leurs signes astrologiques.
ne venez surtout pas vous plaindre apres vous etes indécents !
Pollux,
Vous parlez sans savoir, aucun des éléments de votre description ne correspond à la réalité de mon entreprise, je dis bien aucun ! Vos propos relèvent au mieux de l'ignorance, au pire d'une médiocrité crasse ; ils sont vulgaires dans la forme et insultants dans le fond. Merci de vous abstenir.