Dimanche 13 décembre 2009
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Longue et douce, après-midi d'hiver. J'imagine la foule dans les
superconsommalands. Piétinnant. S'énervant. Hésitant. Tâtant, touchant, essayant. Râlant sur le prix. Maudissant Dieu et tous les diables sur ce foutu pouvoir d'achat. Se cognant. Ne s'excusant
pas. S'éreintant, s'épuisant. Au nom du grand marché et de la superconsommation. Travailler plus, y compris le dimanche, ça veut dire acheter plus, pour dépenser plus, c'est comme ça. Et ça
marche : regardez la foule dans les superconsommalands.
Longue et douce, après-midi d'hiver. Quelques rancoeurs et quelques tristesses au coin du coeur, mais pas de quoi arrêter le mouvement. Il y a des jours où la
patience s'épuise et où on n'a plus envie que d'acheter un fusil à pompes pour dézinguer quelques salopards. Après tout, même le type qui a descendu la mère de Bambi n'a jamais été arrêté... Mais
ce n'est pas la vraie vie ça, ce ne serait que rajouter à la sauvagerie qui nous menace. Charlon Heston n'est plus, ne soyons pas ses héritiers ! Alors, ça passe. On laisse couler. A chacun son
lopin d'existence et les voisins seront bien gardés... C'est un peu triste mais c'est la seule réaction salvatrice face à l'impuissance. Et dire que, selon le poète pilote-de-guerre, "chacun est responsable pour tous, chacun est seul responsable, chacun est seul responsable pour tous" ! Il doit bien pleurer quand il nous voit de là-haut !
Longue et douce, après-midi d'hiver. Sur lequipe.fr, les résultats sportifs du week-end défilent. Naufrage des clubs français en coupe d'Europe de rugby, belle victoire d'Agen en Pro D2,
de quoi conforter sa première place. Le foot, le hand, le ski... L'info dérive toujours vers l'essentiel : les écarts conjugaux du "Tiger", la santé de Johnny - excellente, c'est pour ça que
toute la famille se précipite à L.A., quitte à interrompre un tournage de film !
Tiens, y'a les Rita Mitsoukos sur mon deezer... C'est comme ça, lalalalalala ! ça me grince juste pendant la nuit...
Longue et douce, après-midi d'hiver. Le lapin est passé à la casserole, la Belle du seigneur travaille pour ses partiels. Elle ne répond plus aux appels
réquisiteurs de la DRASS : depuis le temps, tous les étudiants en médecine de Paris reconnaissent le numéro ! Le pire, c'est qu'ils ne sont pas contre participer aux vaccinations ! Ils veulent
juste que ce soit raisonnablement et que ça ne les empêche pas de passer leurs exams (ce qui n'est pas encore garanti...) ! N'oublions pas que ce ne sont jamais que des stagiaires des Hôpitaux de
Paris ! Les media confondent allègrement les internes et les externes, ils restituent très mal la vérité. Peut-être la police sonnera-t-elle tout à l'heure, pour venir conduire de force ma toute
douce à la vaccination. Dommage : elle ne sera pas là. En plus, elle n'a toujours pas reçu son avis officiel de réquisition : légalement, elle n'y va que si elle veut ! (et ça vaut mieux : sans
l'avis, les étudiants qui vaccinent ne sont pas couverts juridiquement...). Quel gâchis, cette opération ! Tout ça pour une grippe ! Sur le sujet, je suis devenu inépuisable ! Et très remonté !
Tiens, avec mon fusil à pompes... Nan ! ... Quand même pas !!! Vais pas tirer sur des femmes, mêmes des ministres !!! (Suis pas comme ça moi) (c'est ma contribution à l'identité nationale : la
galanterie)... 
Longue et douce, après-midi d'hiver. Dans huit jours débutent les vacances. Sans déménagement cette fois-ci. Enfin si : celui du bureau ! Mais ce sera réglé en quelques heures ! Pas de
quoi vampiriser les congés ! Dans huit jours débutent les vacances, avec les fêtes et la famille, les cadeaux et la bonne bouffe. Et des enfants partout. Ce sera campagne, sous la neige ? Ce sera
un bon feu dans la cheminée. Ce sera des balades de fin d'après-midi, quand la nuit approche mais que déjà les jours rallongent, sur les chemins boueux, avec le ciel sûrement gris. Longues et
douces, après-midi d'hiver...
Longue et douce, après-midi d'hiver, dimanche soir approchant. Il fait nuit désormais. Peut-on se dire que les soucis ne
comptent pas ? Oui, pourquoi pas... Se dire qu'ils vont s'arranger tous seuls et, à la question "comment est-ce possible ?", répondre comme dans Shakespeare in love : "je ne sais pas, ça s'arrange toujours à la fin, c'est un miracle !"
Longue et douce, après-midi d'hiver. Dans le roman, Brax rentre d'un mariage. Vingt ans plus tard, nous découvrons un bonheur familial accompli. Ou presque...
Qu'Avril arrive... Si avec ça, je t'ai donné envie de le lire le jour où je l'aurai fini, ce bouquin ! Longue et dure, chacune des heures d'écriture... C'est encore plus difficile que la dernière
fois...
Mais au fait, pourquoi écris-tu ? Je laisse Saint-John-Perse te répondre (merci Maman) :
A la question toujours posée : "Pourquoi écrivez-vous ?",
la réponse du poète sera toujours la plus brève : "Pour mieux
vivre."
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Paroles d'explorateurs